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Les veillées 

Nos grands parents avaient la réputation de travailler dur et aimait, le dimanche ou en veillée, retrouver ses amis pour jouer aux cartes, aux boules ou aux palets. Les veillées se tenaient plus particulièrement de la toussaint jusqu'à la mi-février. A la lueur d'une lampe, c'est là que les histoires de loups-garous, farfadets et de revenants apprises des anciens se racontaient.. Ces rencontres de voisinage, de hameau, perpétuaient une culture festive traditionnelle. L'invitation se pratiquait souvent ainsi:

- é bén, Francét, ét-ou de sér 

 que tu vén passàe la vellàie avéc nous àutres ? 

 

 -Voui, pet-étre bén, ol ét ine 

 idàie, i y irae dasard avéc mun dràule. 

 

 

 -A! Bén si t'amene tun dràule, 

  dis-li dun d'apourtàe sa cllarinéte, le mén prenrat sun violun, é pi coume la Mariun, la Margotun, la Jhanéte é la Francille y serant avéc le dràule a Grluchét é çhàu-çhi au voesin Jhaque, toute çhéle jhénesse perat s'amusàe apràe que çhés dràulléres arant filai in coublle de fusàies é que nous gas arant égoussai ine palissàie de garoull. 

 

  -é bén, ol ét entendu, quant qu'i arun soupai i prenrun la lantarne (avéc çhàu sale tenp o serat pa de trop pr voer se dirijhàe),é pi i y irun. 

 

 

 -a! Dis-dun, i' unbllissét çheuque chouse, apourte dun tun caié de chançuns voure qu'o n'at daus si bounes dessu, t'en pousseras çheuques-ines, tàe que t'és si malin.

- Et bien, François, et si tu venais passer la veillée avec nous ? 

  -Oui, peut-être bien,c'est une idée, j'irai comme ça avec mon fils. 

 

  -Ah! Si tu amènes ton fils, dis-lui donc d'apporter sa clarinette, le mien prendra son violon, et comme Marion, Margoton, Jeannette et Francille viendront avec le fils de Greluchet et celui du voisin Jacques, toute cette jeunesse pourra s'amuser quand les femmes auront fini de filer quelques fuseaux et que nos gars auront égrené une rangée d'épis de maïs. 

 

Et bien, c'est d'accord, quand nous aurons soupé nous prendrons la lanterne (avec ce sale temps, ce ne sera pas de trop pour voir le chemin), et puis nous irons. 

 

 

-Ah! dis-donc, j'oubliais quelque chose, apporte-donc ton cahier de chansons qui en contient de si bonnes, tu en chanteras quelques unes, toi qui es si malin.

veillée pépé jules


Chez mémé Henriette et pépé Jules, on ne parlait pas français. On parlait leur français.
Un français qui mouillait, brimassait, buffait… et qui ne faisait jamais la mariénnaïe n’importe où.

Petit florilège, pour les non-initiés (et les Parisiens de passage).

  • « O mouille » → il pleut (inutile d’insister, on est déjà mouillé)

  • « O a de l’égaille » → pas de rosée, donc tout va bien

  • « On buffe » → on souffle (souvent après avoir buffé trop fort)

  • « On barre les portes » → on ferme à clé, deux fois, par précaution

  • « On fait la mariénnaïe » → la sieste, institution locale

  • « Les gens sont chti » → ils sont méchants, et même un peu trop

  • « O la do mentries » → des mensonges gros comme des calais

  • « O brimace » → il ne pleut pas vraiment… mais quand même

  • « On ché à bas » → on tombe (sans prévenir)

  • « Do calais » → des noix

  • « Do groles » → des corbeaux (qui regardent tout)

 

Et quand ça devenait sérieux…

  • « Ou é to qu’té ? » → où es-tu, et pourquoi t’es pas là

  • « On est rendu » → on est arrivé, enfin

  • « Poraïe » → poireau (évidemment)

  • « Do zéloises » → des éclairs (ceux qu’on mange, pas ceux du ciel)

  • « On since la piace » → on serpille le sol, et faut pas passer après

  • « On serre l’ouillette » → on range l’entonnoir, chacun chez soi

  • « Les drôles sont d’épavent » → les enfants courent partout, catastrophe imminente

  • « Do gueroué » → un groupe (rarement discret)

  • « O vézoune » → ça bourdonne, et ça agace

  • « On suppe sé dés » → on suce ses doigts, et c’est pas joli

  • « I sont achallés » → ils sont contrariés, et ça va s’entendre

 

On ne comprenait pas toujours tout, mais on savait exactement ce que ça voulait dire

Un peu de culture…

Le patois vendéen et poitevin sont deux variantes de la langue d’oïl, qui fait partie de la grande famille des langues parlées en France. Ces dialectes locaux ont joué un rôle important dans l’histoire culturelle des régions, reflétant la richesse et la diversité linguistique française.
Bien que leur usage ait décliné au fil du temps, il existe toujours un intérêt pour préserver ces dialectes et leur patrimoine unique.

Pour en savoir plus : "Dictionnaire du patois du marais Poitevin" de René GACHIGNARD

La musique 

Au  loin, à travers la campagne l'on pouvait entendre le son aigu et perçant de la clarinette ou bien celui du violon.Grand-père "pépé Jules" était violoneux, après lui avoir fait la surprise, de réparer son violon qui dormait dans un grenier depuis de longues années,  il me fit connaître son répertoire, à 8 ans j'étais fier d'apprendre les polkas, valses, avant-deux, pas d'été, et autres airs que lui même avait appris de son frère aîné Baptiste.

"Grand-père, bon grand-père, âme diverse et chimérique, tu fus surtout un poète. Souvent, pendant les lentes veillées silencieuses, ou pendant les après-midi des dimanches d'été, tu prenais ton violon et tu jouais tout bas des airs étranges, par lambeaux incohérents que ton imagination raccordait " Ernest Perochon, 1908.

Le premier morceau qu'il a joué c'était une marche à la mariée, "ton bon temps" un morceau simple pour commencer, que l'on faisait apprendre aux débutants, je me souviens encore des paroles et de l'air : 

 "Ton bon temps ma jolie brune, ton bon temps s'en va 

  et le mien, ma jolie brune, et le mien revient....

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 L'apprentissage se réalisait par imitation, je le regardais, puis essayais de reproduire son jeu. Le violon ronflait, ses gros doigts d'homme de la terre  virevoltaient d'une corde à l'autre. Il jouait fort, la cadence, c'est la cadence qu'il faut, le coup d'archet quoi! "accache sur la chanterelle". Suivant les airs les rythmes changeaient 2/4, 6/8, ou bien trois temps bien marqués, mais sur les avant-deux il pouvait aussi alterner dans la même phrase musicale le 2/4 et le 6/8.

Le terme violoneux n’est pas péjoratif. Il apparaît dans les dictionnaires du XIXᵉ siècle au sens de « joueur de violon », et ne s’oppose au mot violoniste (apparu en 1821) que par usage social. Il n’existe pas de critère absolu pour juger la qualité d’un musicien : tout dépend du contexte et du milieu dans lequel il joue. Violoniste ou violoneux sont également légitimes lorsqu’ils remplissent pleinement leur rôle dans leur société et répondent aux attentes de leur public.

Le chant

Situé à la frontière des langues d’oc et d’oïl, entre les anciennes civilisations du Nord et du Midi, le vieux Poitou (Vienne, Deux-Sèvres, Vendée) est une terre de passage et de commerce. Il possède une culture traditionnelle riche et variée.

Parmi ses chansons, l’une est devenue incontournable dans les banquets, fêtes et réunions conviviales. Gaston Page l’avait intégrée à son répertoire et ne manquait guère l’occasion de la chanter. Aujourd’hui encore, elle figure en tête du « top 50 » poitevin.

Bien que son origine soit relativement récente et plutôt située dans le sud des Deux-Sèvres que dans la Gâtine, ce chant a su dépasser les frontières du Poitou.

 

LA SAOCE O ÏUMA  

 

 O n'a qu'ément la grande c'iusine  

 Les belles auberges de paris 

 La-bas o sent la margarine 

 Mais au paye cher o vous suffit 

 Ma y aime bé meu la boune mangeaille 

 La boune mangeaille de chez nous 

 La routille ou bé la goraille 

 La mougette et la soupe au choux 

 Pas besoin d'trente six piats peur bé déjeuna 

 Quand o la d'la saoce aux ïumas 

 -Refrain- 

 Quand tu m'fais d'la saoce aux ïumas 

 I'entend t'chu la qui m'jargotte 

 It' bis'ra sur les du jottes 

 I sé bé aise dans ma pia 

 Bé tranquille ma i trempe dans piat 

 Déja fini faut c'ten r'doune 

 Si t'savais comme té megnioune 

 Quand te m'fais de'la saoce o ïumas  

 -Refrain- 

 D'pis longtemps ïéta malade   

    O la fallu bé faire v'gni la méd'cin 

 T'cho gars la me défendi la salade 

 La soupe grasse pi les boudins 

 Si ïa va pris toutes ses salopris 

 O la longtemps qui s'ra partit 

 Ma peur guérir ma maladie 

 Un jour savez-vous c'qui faisit 

 Au p'tit déjuna y mangit quatre vingt ïumas 

 Et cinq à six verres de noah 

  -Refrain- 

  V'savez bé qu'dans les ménages 

 O vat terjous bé piangement 

 Et même quand les hommes sont bé sage 

 Les femmes gueulants tout l'temps 

 La mène quand a m'voué faire la goule 

 Vite a m'appelle son p'tit canet 

 Et y sent sa main la, qui s'coule 

 Be tot cha p'tit dans mon gagoulet 

 Sur'ment oh la la que ma y m'fachré pas 

 Tant qu'tu f'ras d'la saoce au ïumas  

 

 -Refrain-

La chandeleur

Le 2 février, on fait sauter la première crêpe dans la poêle de la main droite, en tenant un Louis d’or (ou une pièce) dans la main gauche.
Si la crêpe retombe bien dans la poêle chance et prospérité pour l’année.

 Pourquoi un Louis d’or ?

  • La crêpe est ronde et dorée elle symbolise le soleil et le retour de la lumière après l’hiver.

  • La pièce d’or représente la richesse et l’abondance.
    À l’origine, c’était aussi une manière d’invoquer de bonnes récoltes et d’éviter la misère.

Souvent, on disait : « Ça ne coûte rien d’essayer. »  Ce qui a tenu le plus longtemps

  • Faire sauter la première crêpe en silence

  • La réussir “pour l’année”

  • Garder la pièce dans un tiroir ou un vaisselier

Aujourd’hui, on remplace souvent le Louis d’or par une simple pièce… et on garde surtout le plaisir de faire sauter la crêpe

La Chandeleur chez pépé Jules et mémé Henriette

La cuisine sentait le feu de bois. La grande table était tirée près de l’âtre, le saladier de pâte reposait sur le coin du buffet. Pépé Jules ne faisait pas grand-chose, mais il était là, assis près du feu, à regarder. Il disait toujours qu’« à la Chandeleur, faut point se presser ».

C’était mémé Henriette qui menait l’affaire. Avant même de verser la pâte, elle fouillait dans le tiroir du buffet. Elle en sortait une vieille pièce, bien lisse, qu’on appelait encore le Louis,

— « Té, Jules, regarde, j’l’ai encore », disait-elle.

Pépé hochait la tête.
— « Tant qu’on l’a, on ne manquera de rien. »

Quand tout était prêt, il ne fallait plus rire. Mémé prenait la poêle de la main droite et glissait la pièce dans la main gauche. Elle se tenait bien droite, sérieuse comme pour une prière.

En patois, elle murmurait parfois :

« La première, c’est pour la chance… faut point la manquer. »

La crêpe partait d’un coup sec, montait juste ce qu’il fallait, et retombait dans la poêle. Si elle retombait bien, pépé Jules souriait sans rien dire. C’était bon signe.

— « Eh ben, v’là une bonne année », finissait-il par lâcher.

La pièce, ensuite, retournait dans le buffet. Elle y resterait jusqu’à l’année suivante.

Ce n’était pas de la superstition, disaient-ils. C’était comme ça. Une habitude venue d’avant, transmise sans livres ni grandes paroles. Un geste simple, mais qui rassurait.

Et longtemps après, quand la Chandeleur revenait, on repensait à mémé Henriette, à sa poêle bien tenue, et à pépé Jules, silencieux près du feu. Tant qu’on faisait sauter la première crêpe comme eux, on avait l’impression qu’ils n’étaient jamais bien loin.

Il y a une histoire que je garde bien en tête. C’était un jour de l’An. J’étais gamin, Pépé Jules a ouvert le buffet et il a posé un petit papier sur la table et dedans, il y avait un Louis d’or.

Mémé Henriette a juste dit : — « Ce n’est pas pour dépenser. »

Je n’ai pas posé de questions. J’ai compris que c’était important. Avec ce Louis, il y avait tout le reste : la Chandeleur, la première crêpe faite en silence, les gestes d’avant.

Aujourd’hui encore, quand j’y pense, je sais que ce n’était pas un cadeau. C’était un souvenir qu’on nous confiait.

J’aimerais vous emmener dans la cuisine de mes grands-parents, un soir de Chandeleur. Chez nous, le 2 février, on ne se contentait pas de faire des crêpes : on perpétuait un vrai rituel. Il fallait faire sauter la première crêpe de la main droite, en tenant une pièce dans la main gauche, pour attirer la chance et l’abondance toute l’année. Mais au fond, ce qui comptait le plus, c’était ce moment partagé, la chaleur du feu, les gestes transmis sans un mot, et ce vieux Louis d’or qu’on gardait précieusement dans le buffet. Cette chanson, c’est une façon de faire revivre ces souvenirs, de célébrer la magie des petits rituels et la tendresse des souvenirs d’enfance. Alors, laissez-vous porter… et que la chance soit avec vous ! »

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Couplet 1

Dans la cuisine, ça sent le bois,
Le feu qui chante, on parle tout bas,

Pépé Jules regarde sans mot dire,
Il sait déjà c’que ça veut dire.

Mémé fouille au fond du buffet,
La pièce brille, on la connaît,

« Tant qu’on l’a, on manquera de rien »,
C’est p’têt pas vrai… mais ça fait du bien.

Refrain

C’est la Chandeleur chez mémé,
On fait sauter la crêpe dorée,

Un Louis d’or dans la main gauche,
La poêle dans la droite, faut pas qu’ça cloche,

Si la crêpe retombe bien,
On aura du pain et du vin,

Sinon tant pis, on recommence,
Avec le sourire et l’espérance.

Couplet 2
La pièce retourne dans le tiroir,
Bien enveloppée pour garder l’espoir,
On fait silence, on fait comme avant,
Un geste ancien, tout rassurant.
Et quand février revient,
On pense à mémé, on pense à pépé,
À la crêpe qui vole au-dessus du feu,
À ces souvenirs simples et heureux.

Refrain

C’est la Chandeleur chez mémé,
On fait sauter la crêpe dorée,

Un Louis d’or dans la main gauche,
La poêle dans la droite, faut pas qu’ça cloche,

Si la crêpe retombe bien,
On aura du pain et du vin,

Sinon tant pis, on recommence,
Avec le sourire et l’espérance.

 

 

Pont (Nouvel An)

Et puis un jour, c’était l’premier de l’an,
On était p’tits, on attendait devant,

Pépé a sorti trois papiers pliés,
Dedans luisait un Louis doré,

« C’est pas pour dépenser », a dit mémé doucement,
« C’est pour plus tard… pour se rappeler d’avant »,

On a rien dit, mais on a compris,
Que c’était l’histoire qu’on mettait dans nos vies

Refrain final

C’est la Chandeleur chez mémé,
On fait sauter la crêpe dorée,

Un Louis d’or dans la main gauche,
La poêle dans la droite, faut pas qu’ça cloche,

Si la crêpe retombe bien,
On aura du pain et du vin,

Sinon tant pis, on recommence,
Avec le sourire et l’espérance.

Le Louis d’or, lui, est dans nos vies…

Contes et légendes

L'étang de l'olivette

 

 Au temps jadis précisément en 1473, Philippe de Commines, conseiller et historiographe de Louis XI, fit creuser un étang de 16 hectares tout près du château de la Mothe .Or, vivait non loin de ce château dans la commune de Largeasse, un meunier très avare en même temps que doué d'une extraordinaire énergie. Cette énergie, il l'employait uniquement à amasser des richesses. Une seule chose le préoccupait, agrandir ses terres et acquérir toujours plus d'argent. Même malade, il travaillait. Il y avait de quoi sourire de pitié de le voir ainsi courbé sous le faix, sans repos ni trêve, ne respectant ni dimanche ni fête, abrégeant jusqu'à l'indispensable sommeil. 

Ah! Meunier, disaient ses voisins en lui parlant comme à quelqu'un qui n'a pas toute sa raison, crois-tu donc que tu emporteras ton or au Paradis? Vous pensez bien qu'il ne perdait pas une minute à leur répondre. Il continuait sans répit d'aller et de venir dans son moulin, transportant les sacs de farine, qu'il pleuve ou qu'il vente. Et, le soir venu, son seul plaisir était de revoir une cachette aménagée au pied  d'un vieux mur dans laquelle il entassait son or. Après avoir jeté des regards scrutateurs à droite et à gauche pour s'assurer que ni maraudeurs ni garnements ne se trouvaient là, il y plongeait la main et se  mettait à compter les pièces.

 

 Or, il advint une sécheresse tout à fait exceptionnelle. Les jours sans pluie succédaient aux jours sans pluie depuis des mois et des mois. Vers le soir, l'air fraîchissait à peine, tant et si bien que lorsque arriva la fin août, l'étang qui alimentait le moulin de la Mothe vit ses eaux descendre à un niveau jamais constaté de mémoire d'homme. Notre meunier, devant ce fait, sentait la tête lui tourner. Songez donc ! Plus  d'eau pour faire marcher son moulin. « Me voilà bien, se disait-il... Condamné à ne rien faire! Que vais-je devenir? » Il fut si désespéré de ce repos forcé qu'il employa son énergie à des actes insensés, détruisant, brisant, brûlant ce qui se trouvait sous sa main. Puis il se mit à pleurer comme un enfant. Et comme il lui fallait faire part de son chagrin à quelqu'un, il finit par errer à travers champs, entre Pitié et  Clessé, essuyant ses larmes et marmonnant tout haut. 

 

Soudain, il vit un homme venir à lui. Vêtu d'une blouse bleue, chaussé de sabots teintés de noir, comme tout paysan du Poitou, il ne semblait pas, cependant, appartenir au petit monde de notre meunier qui le regardait, étonné. Qui était-ce? Le soleil couchant rougissait son visage brûlé. Où vas-tu, meunier? Cria-t-il. Avant qu'il ne fût revenu de sa surprise d'avoir été reconnu, le meunier répondit : Me pendre! Je n'en puis plus de ne rien faire en attendant la pluie. Eh! Bien, quand la pluie viendra, tu seras mort et cela t'aura servi à quoi? Fit l'homme en éclatant d'un gros rire. Cependant, si tu le désires, je peux t'empêcher de commettre une telle folie. Oui ! J’ai le moyen de te donner satisfaction tout de suite. Ah! Fit le meunier sceptique. Cependant, il se sentait si accablé qu'il ajouta d'une voix tremblante: « peut-on savoir comment? » Ce fut alors qu'il aperçut les petites cornes qui étincelaient sur la tête de l'homme et il comprit aussitôt de qui il s'agissait. Le diable ne donne rien pour rien, fit-il tout pâle. Donner sans contrepartie n'est pas, en effet, dans mes attributs, répondit Satan avec onction. Alors, qu'exiges-tu? Demanda le meunier, alarmé. Satan eut un rictus: Mes conditions ne varient guère: vends-moi ton âme et je jure sur les feux éternels qu'en retour, tu auras toute l'eau que tu souhaites. Le meunier n'eut pas une seconde d'hésitation: Pour voir ce soir mon moulin tourner, j'accepte, dit-il dans un élan. Le diable s'inclina. Comme il était honnête en affaires, aussitôt, le bief du moulin s'emplit d'eau, ce qui mit en action la roue à aubes. Le meunier ne se tenait pas de joie. Mais qui fut penaud le lendemain matin? Dans la nuit, d'épais nuages s'accumulèrent dans le ciel, l'air tressaillit soudain, des éclairs sillonnèrent les nues et, en un tourbillon, le vent balaya et broya comme des pailles tout ce qui se trouvait sur son passage. Or, parmi tant de choses qu'il emporta ainsi, savez-vous ce qu'il y avait? Toute la farine du meunier avare. Celle-ci se déversa dans l’étang qui finit par devenir blanc.

De désespoir, le meunier s'y noya. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Car c'est depuis, dit-on, que chaque année, au printemps, les eaux de cet étang prennent une teinte laiteuse. Et c'est pour cette raison qu'on l'appela «l’étang de Olivette »  qui veut dire eau livette ou eau livide

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Le timbre aux chats

 

Le timbre aux chats est un endroit, qui appartient aux chats, la nuit de Carnaval. Quand tout semble assoupi, la gent féline se rassemble pour une unique veillée, à « l'ormeau Robinet », au carrefour de la route de la Chapelle Saint Laurent et de celle de Moncoutant, du chemin de Pugny et de celui qui lui fait face et qui n'a pas de nom. Les chats y arrivent nonchalamment prudemment, s'observant les uns les autres. Pas un ne manque à l'appel. Il y a les chats de gouttière mêlés aux chats de nobles lignées, ceux qui ont l'extrême vivacité de la jeunesse et ceux qui portent le poids de l'âge, les gros, les efflanqués, les grands, les plus petits... Tous sont là pour de fantastiques agapes. Comment le diable ne serait-il pas apparu à une telle fête, je vous le demande? Dès qu'il eut vent de la chose, il arriva donc et fut salué par un tumulte de miaous. C'est qu'il apportait un cadeau digne de lui et qui fit clignoter plus d'un oeil de minet: une auge en granit, que, dans le pays, on appelle un timbre... Eh! Oui, le timbre aux chats. Et ces maîtres de l'ormeau Robinet, le soir de Carnaval, y déposent pour les savourer en commun toutes les choses succulentes qu'ils ont pu dérober aux hommes. De leur côté, les lutin fradets, si nombreux en cette région, apportent, eux aussi, et généreusement, leur offrande. Alors, le repas commence, un festin digne d'un roi des minets. Chacun, naturellement, essaye d' en avoir son content, et même davantage. Les mâchoires s'entrechoquent, quelques coups de pattes tentent de réduire l'autre à l'impuissance, tout cela avec, comme fond sonore, des ronrons de  satisfaction. Si d'aventure, quelque promeneur survenait, attiré par l'air chargé de parfums du tout nouveau printemps, ou si quelque curieux se dissimulait derrière un buisson pour suivre des yeux ce festin, d'adroits coups de griffes le rappelleraient aussitôt à plus de discrétion. Les chats, vous le savez, sont des sages qui gardent pour eux leurs secrets. Après cette nuit merveilleuse et fantastique, ils abandonnent le « timbre », seul témoin de leurs orgies. Or, il n'en fallait pas plus pour que la convoitise de certains fermiers fût mise à rude épreuve. C'est qu'un pareil objet était bien tentant, avouez-le. Il pouvait rendre toutes sortes de service. Pouquoi s'en passer, alors qu'il n'y avait qu'à se baisser pour le prendre?.. Des fermiers se baissèrent donc et transportèrent l'auge en granit chez eux. Et tous, sans exception, s'en mordirent les doigts.  En effet, pour les punir de s'être emparés du « timbre aux chats », un nombre impressionnant de catastrophes s'abattirent sur eux. Il suffisait que le timbre fût posé dans la cour de la ferme qu'aussitôt des animaux dont on ne soupçonnait ni le nom ni le genre, se missent en devoir de rôder autour de la maison. Les flairant à la limite d'un pré, les chiens avançaient alors, les pattes raides et tremblantes, sans pouvoir empêcher l'anéantissement du troupeau qu'ils gardaient. D'autres fermiers entendirent des bruits singuliers et impossibles à préciser dès que descendaient les ombres du soir. Les femmes et les enfants en perdaient le sommeil, les hommes le boire et le manger. Quant à venir rendre visite à ces malheureux fermiers, personne ne l'eût osé. C'était déjà bien si, en plein jour, les plus intrépides se risquaient à échanger quelques mots. Les chiens avaient beau aboyer menaces et insultes, rien n'y faisait, les bruits continuaient à obséder et à troubler la vie des fermiers. D'autres, enfin, constatèrent, atterrés, le pourrissement de leurs récoltes. La ruine menaçant, vous pensez si ces fermiers se hâtèrent de remettre le « timbre aux chats à sa place d'origine et, aussitôt, ils retrouvèrent la tranquillité et le bonheur d'antan. Le souvenir de ces représailles, fidèlement parvenu jusqu'à "nous, trouva sa confirmation, il y a quelque quinze ans, quand un amateur de vieilles pierres, qui n'était point du pays, s'arrêta, un beau matin, à l'ormeau Robinet. Découvrant l'objet en granit et le trouvant fort beau, sans hésiter, il décida de l'emporter et le chargea aussitôt dans sa camionnette, ravi de sa trouvaille. A peine  lui eut -il trouvé une place dans sa demeure qu'il se sentit mal à l'aise et, malgré les soins d'un docteur avisé, ne parvint pas à recouvrer la santé. Alors quelqu'un pensa à la malédiction qui pesait sur le  "timbre aux chats". Devant cette révélation phénoménale, l'amateur de vieilles pierres ne put maîtriser sa peur et demanda que, dans les plus brefs délais, on voulût bien remettre l'auge à sa place. Et le plus extraordinaire, c'est qu'il guérit aussitôt. Cependant, quelques années plus tard, certains ne se firent pas scrupule de tenter l'aventure: ils poussèrent l'indélicatesse jusqu'à prendre la fameuse auge une nuit sans lune. A quelque temps de là, on ne parla plus, dans la région, que de la disparition du « timbre ». La rumeur en parvint aux oreilles d'un journaliste qui eut l'idée d'en faire un article dans une feuille locale. Ainsi averti, tout le monde attendit la suite, ou plus exactement la veille de Carnaval. Eh! Bien, la veille de Carnaval, quand on procéda à la vérification, le «timbre» avait retrouvé sa place. Les gens d'aujourd'hui, comme ceux d'autrefois, n'aiment guère prendre de tels risques... et, à la crainte du châtiment, préfèrent encore la poésie des choses. 

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Le mariage 

Dans la Vendée d’autrefois, un mariage n’était jamais une affaire privée. C’était une fête de village, parfois de plusieurs villages, réunissant des centaines de voisins venus partager la joie des familles. Le matin des noces, on allait chercher les futurs époux pour les conduire ensemble au bourg, dans une foule colorée où se mêlaient costumes anciens, coiffes paysannes et habits plus citadins.

La mariée ne portait pas de blanc. Coiffée de la cabanière, couronnée de fleurs d’oranger, elle était vêtue d’une robe de couleur, serrée à la taille d’une large ceinture. Son départ de la maison paternelle était marqué par deux coups de fusil, et le cortège s’ébranlait au son des vieux airs vendéens.

Les musiciens ouvraient la marche. Ils n’étaient souvent que deux ou trois, mais leurs instruments suffisaient à porter la fête de chemin en chemin. Le violon menait la danse, reprenant inlassablement les mélodies connues de tous, alternant avec les chants repris en chœur par les noceurs. Dans ma famille, on sait que Pépé Jules, né en 1899, et son frère aîné Baptiste, né en 1883, tous deux du village de Saint-Pierre-du-Chemin, furent violoneux dans les années qui suivirent la Grande Guerre. Entre 1918 et 1925, ils ont très certainement animé plusieurs mariages dans leur village et les alentours, faisant résonner leur violon sur les routes, à l’église et dans les granges, comme tant de musiciens de campagne de leur époque.

À l’église, la cérémonie était entourée de croyances et de gestes transmis de génération en génération. On surveillait les cierges, on évitait soigneusement de croiser un autre mariage, et la mariée offrait treize pièces au prêtre pour s’assurer bonheur et prospérité. Même au moment de passer l’anneau, un simple pli du doigt suffisait parfois à dire que, dans le futur ménage, elle entendait bien garder son mot à dire.

Après la bénédiction, les félicitations se succédaient à la porte de l’église, puis chacun participait aux cadeaux destinés au nouveau foyer. Le retour au village se faisait en chantant, avant l’allumage du feu de joie. Le marié devait alors prouver son adresse en tirant sur une cible symbolique, geste chargé de promesses pour l’avenir du couple.

Venait ensuite la prise de possession de la maison, mise en scène joyeuse faite de chants, de fausses résistances et de rires. Le grand repas se déroulait dans la grange décorée pour l’occasion, une couronne suspendue au-dessus de la mariée rappelant la solennité du moment. Le vin aidant, les voix s’élevaient, mêlant chants traditionnels et éclats de rire.

L’un des moments les plus attendus restait la danse de la brioche. Une immense brioche, portée à bout de bras, faisait le tour des invités au son du violon avant d’être partagée. Le bal s’ouvrait alors, entraînant les plus jeunes dans les quadrilles et les polkas, tandis que les anciens préféraient les cartes ou le jeu de palets.

La nuit venue, les époux partageaient l’alcôve, sous l’œil attentif des superstitions : la chandelle devait être éteinte ensemble. Plus tard, on leur portait la soupe à l’oignon, brûlante et poivrée, que tous goûtaient à même la soupière.

Le lendemain, après la soupe aux choux et quelques dernières danses, venait l’heure de se séparer. Les invités reprenaient la route en chantant, un morceau de pain au bout d’un bâton. Peu à peu, les voix s’éloignaient, et le village retrouvait le silence, laissant aux jeunes époux le souvenir de deux jours de fête, de musique et de joie partagée.

Métiers anciens et vie quotidienne de nos ancêtres

Métiers anciens, oubliés, d’autrefois… appelons-les comme on veut. Ce sont les métiers de nos ancêtres, et chacun avait sa raison de vivre, sa vie entière consacrée à son travail.

Bon nombre de ces métiers ont disparu, d’autres ont changé, et certains subsistent encore, entretenus par de trop rares passionnés. Les laboureurs, artisans et journaliers — hommes et femmes solidaires — vivaient au jour le jour, au rythme simple des saisons, façonnant notre passé sans le savoir.

La vie en Poitou au XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles

La plupart des habitants étaient peu fortunés. Les billets de banque étaient inconnus, seules les pièces circulaient. Dans les exploitations agricoles, laboureurs et familles vivaient en autosuffisance :

  • Ils se chauffaient au bois abattu dans les haies.

  • Chaque maison possédait un four en maçonnerie pour cuire le pain.

  • Les poules produisaient des œufs, et l’élevage des cochons fournissait la viande, conservée dans de grands pots de terre cuite appelés charnier.

  • Les bovins, souvent de races rustiques, servaient pour le travail et le labour. Leur lait était peu abondant mais suffisant pour faire du beurre, baratté à la main, conservé pour l’hiver.

 

Alimentation et cultures

La plupart des fruits et légumes modernes étaient inconnus : pas de pommes de terre, tomates, choux-fleurs, asperges ni fraises à gros fruits. On consommait parfois : pommes, châtaignes, raisins, cerises sauvages.

Les fruits exotiques — bananes, oranges, citrons, sucre, café, chocolat — restaient réservés à la cour du roi.

Les paysans produisaient également les matières premières pour leurs vêtements :

  • La laine des moutons, filée et tissée pour faire des habits et des draps.

  • Le lin et le chanvre, cultivés, filés, puis confiés aux tisserands pour créer des toiles solides.

 

Éducation et alphabétisation

À la veille de 1789, l’analphabétisme était massif :

  • 60 % des hommes et 85 % des femmes ne savaient ni lire ni écrire.

  • Même ceux qui avaient été scolarisés n’avaient souvent qu’une formation sommaire, quelques mois seulement.

L’éducation était payante et non subventionnée, et les personnes capables d’enseigner — excepté le curé — étaient peu nombreuses. Certains parents craignaient que leurs enfants instruits ne leur échappent, réduisant leur autorité.

Le scieur de long 

 

Toujours par deux, les scieurs de long (le chévrier et le renard ou renardier) font partie du peuple de la forêt. Le doleur dirigeait plusieurs équipes de scieurs. Pierre Crépier né 1820 à la Ronde (79) , exerçait ce métier en forêt de Chantemerle. Pendant plus de 12 heures par jour, il devait certainement débiter des poutres, des planches, plus tard des traverses pour le chemin de fer. 

  Le scieur de long travaillait plusieurs espèces de bois suivant la demande des clients. 

 Il s'agissait souvent de chêne, de hêtre ou d'orme. Le châtaignier était utilisé pour les charpentes car il a la propriété d'éloigner les insectes. Le cœur du tronc était utilisé pour produire les pièces importantes pour les charrons, comme les limonières qui devaient être très solides. 

Après avoir été abattu, l'arbre est d'abord débité avec le passe-partout (scie à deux poignées avec une large lame), puis il est équarri avec une hache appelée bigeoir ou hache à peler. Le doleur intervient alors pour tracer les ligne de coupe avec une simple corde trempée dans un mélange de cendres et d'eau qui laissera une ligne noire sur le tronc. La coupe va pouvoir commencer. Il faut alors hisser le tronc sur la chèvre (aussi appelée mouton ou chantier) ; il s'agit d'une longue poutre solide qui repose à une de ses extrémités au sol et à l'autre sur 2 ou 3 pieux solidement fixés au sol. Le tronc y est maintenu par une cale et une chaîne de telle façon qu'il dépasse de la moitié de sa longueur. La niargue (scie composée d'un cadre de 1m60 sur 1m, d'une lame tendu par un écrou et d'une poignée) est alors affûtée, le chevrier monte sur le tronc tandis que le renard saisi la partie inférieure de la scie. Commence alors le va-et-vient de la scie, rythmé par la chanson du scieur de long ; le chevrier tire la scie vers le haut, le renard scie le tronc en redescendant. On procède ainsi pour toutes les lignes précédemment tracées, puis on fait la pause en trinquant, on retourne le tronc et la même opération recommence pour l'autre moitié. A 2 cm de la fin, la coupe est arrêtée ; les planches se sépareront d'elles-mêmes lorsque le tronc sera jeté à terre, produisant du même coup la signature des scieurs de long. 

Le métier a été très prospère jusqu'au début du XXème siècle. Comme pour beaucoup d'autres, l'industrialisation l'a fait disparaître : ce fut d'abord l'apparition de scies à ruban, d'abord mues par la vapeur, puis par l'électricité, ensuite l'apparition du camion qui permettait de transporter les billes à la scierie où elles étaient ensuite débitées. Le métier a disparu au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, les scieurs de long ont disparus. Seul le folklore nous permet de retrouver les gestes de ces travailleurs des forêts.

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Le cordier

Il s'agit d'un métier très ancien, qu'un de mes ancêtres Louis Gachignard, né en 1820 à Loge Fougereuse  pratiquait en complément d'une activité de journalier agricole. Son frère Henri qui demeura et mourut  à Largeasse en 1871, exerçait également cette profession. Retrouvons ici les gestes du cordier, l'un des seuls métiers où il faille marcher à reculons sur plusieurs dizaines de mètres pour produire cette ficelle ou cette corde si anodine, mais pourtant si nécessaire à tous. 

Avant que n'apparaissent les manufactures, on trouvait des artisans cordiers dans toutes les régions de la France, avec une prédilection pour les lieux de production du chanvre et les régions maritimes, Bretagne et Charentes, grandes demandeuses de cordes et de câbles. 

  Le matériau le plus employé est le chanvre. Le cordier peut aussi utiliser du lin, du tilleul ou du crin. 

  Le premier travail du cordier consiste à préparer le chanvre qu'il a acheté roui et broyé. Pour cela il utilise différents peignes aux dents plus ou moins longues et écartées (aussi appelés seran). Le plus grossier sert à débarrasser le chanvre des débris de bois (c'est le teillage), le plus fin sert à séparer les fibres en fils très fins (c'est le peignage). 

 Vient ensuite le filage. Pour cela, le cordier prend de la filasse qu'il tient dans un tablier autour de la taille. Après avoir fait une boucle qu'il accroche au rouet, le cordier va dévider le chanvre tout en reculant le long de l'aire qui peut mesurer jusqu'à cent mètres, tandis que le tourneur fait mouvoir la roue. Cela a pour effet de produire un fil tordu sur lui-même soutenu de près en près par des râteliers ou râteaux. Tout l'art du cordier consiste à dévider le chanvre le plus régulièrement possible. 

 La dernière étape consiste à réunir les fils et à les tordre ensemble pour faire des cordes. Ce travail peut s'effectuer sur le rouet pour les petits diamètres ; pour les tailles plus importantes, on utilise un chariot. Le principe, qui est toujours le même, consiste à réunir plusieurs fils, par torsion, pour produire un toron, puis plusieurs torons pour obtenir une corde. La corde terminée est enduite d'une solution de colle et d'eau. 

 Issus de la corporations des cordiers du Moyen-Age dont les statuts remonte au 17 janvier 1394, le métier de cordier est très ancien. La corporation des cordiers de Saint Valéry sur Somme est née en 1503. On relève en 1442 que les cordiers sont tenus "de bailler et livrer tous cordages gros et menus aux gens de justice... quand les cas adviennent pour lier, pendre et exécuter larrons, meurtriers et autres malfaiteurs." (Lettre patentes données à Tours par Charles VII). 

 En 1692, sous l'impulsion de Colbert, la Corderie Royale de Rochefort est édifiée dans un bâtiment de 370 mètres de long. 

 Mais bien souvent, jusqu'au début du XXIème siècle, le cordier reste un artisan de village qui travaille à l'extérieur (par nécessité de place), mais à l'abri de la pluie qui influe sur la qualité des cordages. Sa production est destinée essentiellement au monde agricole, mais aussi aux autres artisans, tous consommateurs d'au moins un type de ficelle ou de corde. Aujourd'hui la culture du chanvre a pratiquement disparue et le cordier avec elle. De nos jours, le métier de cordier artisanal, tel qu'il est décrit ici, n'existe plus. Les fibres synthétiques et les machines ont remplacé le chanvre et les hommes. 

  " La porte s'ouvre, le cordier sort de l'ombre du hangar et commence sa marche à reculons. Autour de sa taille, une touffe de chanvre en bataille, que ses mains de prestidigitateur vont transformer en ficelle, puis en corde. " 

 Extrait de "Des métiers et des hommes au village" Bernard HENRY - 1975

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Quelques définitions de métiers exercés par mes ancêtres 

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