RACINES EN PARTAGE
Les veillées
Nos grands parents avaient la réputation de travailler dur et aimait, le dimanche ou en veillée, retrouver ses amis pour jouer aux cartes, aux boules ou aux palets. Les veillées se tenaient plus particulièrement de la toussaint jusqu'à la mi-février. A la lueur d'une lampe, c'est là que les histoires de loups-garous, farfadets et de revenants apprises des anciens se racontaient.. Ces rencontres de voisinage, de hameau, perpétuaient une culture festive traditionnelle. L'invitation se pratiquait souvent ainsi:
- é bén, Francét, ét-ou de sér
que tu vén passàe la vellàie avéc nous àutres ?
-Voui, pet-étre bén, ol ét ine
idàie, i y irae dasard avéc mun dràule.
-A! Bén si t'amene tun dràule,
dis-li dun d'apourtàe sa cllarinéte, le mén prenrat sun violun, é pi coume la Mariun, la Margotun, la Jhanéte é la Francille y serant avéc le dràule a Grluchét é çhàu-çhi au voesin Jhaque, toute çhéle jhénesse perat s'amusàe apràe que çhés dràulléres arant filai in coublle de fusàies é que nous gas arant égoussai ine palissàie de garoull.
-é bén, ol ét entendu, quant qu'i arun soupai i prenrun la lantarne (avéc çhàu sale tenp o serat pa de trop pr voer se dirijhàe),é pi i y irun.
-a! Dis-dun, i' unbllissét çheuque chouse, apourte dun tun caié de chançuns voure qu'o n'at daus si bounes dessu, t'en pousseras çheuques-ines, tàe que t'és si malin.
- Et bien, François, et si tu venais passer la veillée avec nous ?
-Oui, peut-être bien,c'est une idée, j'irai comme ça avec mon fils.
-Ah! Si tu amènes ton fils, dis-lui donc d'apporter sa clarinette, le mien prendra son violon, et comme Marion, Margoton, Jeannette et Francille viendront avec le fils de Greluchet et celui du voisin Jacques, toute cette jeunesse pourra s'amuser quand les femmes auront fini de filer quelques fuseaux et que nos gars auront égrené une rangée d'épis de maïs.
Et bien, c'est d'accord, quand nous aurons soupé nous prendrons la lanterne (avec ce sale temps, ce ne sera pas de trop pour voir le chemin), et puis nous irons.
-Ah! dis-donc, j'oubliais quelque chose, apporte-donc ton cahier de chansons qui en contient de si bonnes, tu en chanteras quelques unes, toi qui es si malin.

Quel plaisir, d’entendre mémé Henriette et pépé Jules nous dire :
O mouille pour il pleut
O a de l’égaille pour il n’y a de la rosée
On buffe pour souffler
On barre les portes pour fermer les portes à clé
On fait la mariénnaïe pour faire la sieste
Les gens sont chti pour ils sont méchants
O la do mentries pour des mensonges
O brimace pour il bruine
On ché a bas pour tomber
Do calais pour des noix
Do groles pour des corbeau
Ou é to qu’té pour ou es-tu
On est rendu pour on est arrivé
Poraïe pour poireau
Do zéloises pour des éclairs
On since la piace pour on serpille le sol
On serre l’ouillette pour on range l’entonnoir
Les droles sont d’épavent pour les enfants sont à courir
Do gueroué pour un groupe
O vezoune pour bourdonner
On suppe sé dés pour on suce ses doigts
I son achallé pour avoir chaud

Le patois vendéen et poitevin sont deux variantes de la langue d'oïl, qui est une branche de la langue d'oc parlée en France. Ces dialectes locaux ont joué un rôle important dans l'histoire culturelle des régions, reflétant la richesse de la diversité linguistique en France. Bien que leur utilisation ait décliné au fil du temps, il subsiste un intérêt pour la préservation de ces dialectes et de leur patrimoine linguistique unique.
A lire sur le sujet à lire "Dictionnaire du patois du marais Poitevin" de René GACHIGNARD
La musique
Au loin, à travers la campagne l'on pouvait entendre le son aigu et perçant de la clarinette ou bien celui du violon.Grand-père "pépé Jules" était violoneux, après lui avoir fait la surprise, de réparer son violon qui dormait dans un grenier depuis de longues années, il me fit connaître son répertoire, à 8 ans j'étais fier d'apprendre les polkas, valses, avant-deux, pas d'été, et autres airs que lui même avait appris de son frère aîné Baptiste.
"Grand-père, bon grand-père, âme diverse et chimérique, tu fus surtout un poète. Souvent, pendant les lentes veillées silencieuses, ou pendant les après-midi des dimanches d'été, tu prenais ton violon et tu jouais tout bas des airs étranges, par lambeaux incohérents que ton imagination raccordait " Ernest Perochon, 1908.
Le premier morceau qu'il a joué c'était une marche à la mariée, "ton bon temps" un morceau simple pour commencer, que l'on faisait apprendre aux débutants, je me souviens encore des paroles et de l'air :
"Ton bon temps ma jolie brune, ton bon temps s'en va
et le mien, ma jolie brune, et le mien revient....
L'apprentissage se réalisait par imitation, je le regardais, puis essayais de reproduire son jeu. Le violon ronflait, ses gros doigts d'homme de la terre virevoltaient d'une corde à l'autre. Il jouait fort, la cadence, c'est la cadence qu'il faut, le coup d'archet quoi! "accache sur la chanterelle". Suivant les airs les rythmes changeaient 2/4, 6/8, ou bien trois temps bien marqués, mais sur les avant-deux il pouvait aussi alterner dans la même phrase musicale le 2/4 et le 6/8. Le terme violoneux n'est pas péjoratif, il apparaît dans les dictionnaires du 19éme siècle au sens de "médiocre joueur de violon, et s'oppose ainsi à violoniste apparu en 1821. Je peux vous certifier qu'il n'existe pas de critères absolus pour juger de la qualité d'un musicien, il importe surtout de prendre en compte les paramètres que développe le milieu social où ils jouent, ainsi le violoniste et violoneux sont tous bons, lorsqu'ils remplissent parfaitement la fonction qui est la leur dans leur société, et qu'ils répondent aux attentes de leur public respectif.
Le chant
A la frontière des langues d'oc et d'oïl, située entre les anciennes civilisations du nord et du midi de la France, le vieux Poitou (Vienne, Deux-Sèvres, Vendée), terre de passage et de commerce, possède une culture traditionnelle riche et variée, parmi les chansons, une est devenue incontournable dans nos banquets, fêtes et autres; Gaston PAGE l'avait inclus dans son répertoire et manquait rarement l'occasion de la chanter, elle se situe aujourd'hui en tête du top 50 poitevin. Bien que son origine soit relativement récente et plus située en sud Deux-Sèvres qu'en Gâtine, ce chant a réussi à s'imposer aux limites des frontières du Poitou, en voici les paroles :
LA SAOCE O ÏUMA
O n'a qu'ément la grande c'iusine
Les belles auberges de paris
La-bas o sent la margarine
Mais au paye cher o vous suffit
Ma y aime bé meu la boune mangeaille
La boune mangeaille de chez nous
La routille ou bé la goraille
La mougette et la soupe au choux
Pas besoin d'trente six piats peur bé déjeuna
Quand o la d'la saoce aux ïumas
-Refrain-
Quand tu m'fais d'la saoce aux ïumas
I'entend t'chu la qui m'jargotte
It' bis'ra sur les du jottes
I sé bé aise dans ma pia
Bé tranquille ma i trempe dans piat
Déja fini faut c'ten r'doune
Si t'savais comme té megnioune
Quand te m'fais de'la saoce o ïumas
-Refrain-
D'pis longtemps ïéta malade
O la fallu bé faire v'gni la méd'cin
T'cho gars la me défendi la salade
La soupe grasse pi les boudins
Si ïa va pris toutes ses salopris
O la longtemps qui s'ra partit
Ma peur guérir ma maladie
Un jour savez-vous c'qui faisit
Au p'tit déjuna y mangit quatre vingt ïumas
Et cinq à six verres de noah
-Refrain-
V'savez bé qu'dans les ménages
O vat terjous bé piangement
Et même quand les hommes sont bé sage
Les femmes gueulants tout l'temps
La mène quand a m'voué faire la goule
Vite a m'appelle son p'tit canet
Et y sent sa main la, qui s'coule
Be tot cha p'tit dans mon gagoulet
Sur'ment oh la la que ma y m'fachré pas
Tant qu'tu f'ras d'la saoce au ïumas
-Refrain-
Contes et légendes
L'étang de l'olivette
Au temps jadis précisément en 1473, Philippe de Commines, conseiller et historiographe de Louis XI, fit creuser un étang de 16 hectares tout près du château de la Mothe .Or, vivait non loin de ce château dans la commune de Largeasse, un meunier très avare en même temps que doué d'une extraordinaire énergie. Cette énergie, il l'employait uniquement à amasser des richesses. Une seule chose le préoccupait, agrandir ses terres et acquérir toujours plus d'argent. Même malade, il travaillait. Il y avait de quoi sourire de pitié de le voir ainsi courbé sous le faix, sans repos ni trêve, ne respectant ni dimanche ni fête, abrégeant jusqu'à l'indispensable sommeil.
Ah! Meunier, disaient ses voisins en lui parlant comme à quelqu'un qui n'a pas toute sa raison, crois-tu donc que tu emporteras ton or au Paradis? Vous pensez bien qu'il ne perdait pas une minute à leur répondre. Il continuait sans répit d'aller et de venir dans son moulin, transportant les sacs de farine, qu'il pleuve ou qu'il vente. Et, le soir venu, son seul plaisir était de revoir une cachette aménagée au pied d'un vieux mur dans laquelle il entassait son or. Après avoir jeté des regards scrutateurs à droite et à gauche pour s'assurer que ni maraudeurs ni garnements ne se trouvaient là, il y plongeait la main et se mettait à compter les pièces.
Or, il advint une sécheresse tout à fait exceptionnelle. Les jours sans pluie succédaient aux jours sans pluie depuis des mois et des mois. Vers le soir, l'air fraîchissait à peine, tant et si bien que lorsque arriva la fin août, l'étang qui alimentait le moulin de la Mothe vit ses eaux descendre à un niveau jamais constaté de mémoire d'homme. Notre meunier, devant ce fait, sentait la tête lui tourner. Songez donc ! Plus d'eau pour faire marcher son moulin. « Me voilà bien, se disait-il... Condamné à ne rien faire! Que vais-je devenir? » Il fut si désespéré de ce repos forcé qu'il employa son énergie à des actes insensés, détruisant, brisant, brûlant ce qui se trouvait sous sa main. Puis il se mit à pleurer comme un enfant. Et comme il lui fallait faire part de son chagrin à quelqu'un, il finit par errer à travers champs, entre Pitié et Clessé, essuyant ses larmes et marmonnant tout haut.
Soudain, il vit un homme venir à lui. Vêtu d'une blouse bleue, chaussé de sabots teintés de noir, comme tout paysan du Poitou, il ne semblait pas, cependant, appartenir au petit monde de notre meunier qui le regardait, étonné. Qui était-ce? Le soleil couchant rougissait son visage brûlé. Où vas-tu, meunier? Cria-t-il. Avant qu'il ne fût revenu de sa surprise d'avoir été reconnu, le meunier répondit : Me pendre! Je n'en puis plus de ne rien faire en attendant la pluie. Eh! Bien, quand la pluie viendra, tu seras mort et cela t'aura servi à quoi? Fit l'homme en éclatant d'un gros rire. Cependant, si tu le désires, je peux t'empêcher de commettre une telle folie. Oui ! J’ai le moyen de te donner satisfaction tout de suite. Ah! Fit le meunier sceptique. Cependant, il se sentait si accablé qu'il ajouta d'une voix tremblante: « peut-on savoir comment? » Ce fut alors qu'il aperçut les petites cornes qui étincelaient sur la tête de l'homme et il comprit aussitôt de qui il s'agissait. Le diable ne donne rien pour rien, fit-il tout pâle. Donner sans contrepartie n'est pas, en effet, dans mes attributs, répondit Satan avec onction. Alors, qu'exiges-tu? Demanda le meunier, alarmé. Satan eut un rictus: Mes conditions ne varient guère: vends-moi ton âme et je jure sur les feux éternels qu'en retour, tu auras toute l'eau que tu souhaites. Le meunier n'eut pas une seconde d'hésitation: Pour voir ce soir mon moulin tourner, j'accepte, dit-il dans un élan. Le diable s'inclina. Comme il était honnête en affaires, aussitôt, le bief du moulin s'emplit d'eau, ce qui mit en action la roue à aubes. Le meunier ne se tenait pas de joie. Mais qui fut penaud le lendemain matin? Dans la nuit, d'épais nuages s'accumulèrent dans le ciel, l'air tressaillit soudain, des éclairs sillonnèrent les nues et, en un tourbillon, le vent balaya et broya comme des pailles tout ce qui se trouvait sur son passage. Or, parmi tant de choses qu'il emporta ainsi, savez-vous ce qu'il y avait? Toute la farine du meunier avare. Celle-ci se déversa dans l’étang qui finit par devenir blanc.
De désespoir, le meunier s'y noya. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Car c'est depuis, dit-on, que chaque année, au printemps, les eaux de cet étang prennent une teinte laiteuse. Et c'est pour cette raison qu'on l'appela «l’étang de Olivette » qui veut dire eau livette ou eau livide

Le timbre aux chats
Le timbre aux chats est un endroit, qui appartient aux chats, la nuit de Carnaval. Quand tout semble assoupi, la gent féline se rassemble pour une unique veillée, à « l'ormeau Robinet », au carrefour de la route de la Chapelle Saint Laurent et de celle de Moncoutant, du chemin de Pugny et de celui qui lui fait face et qui n'a pas de nom. Les chats y arrivent nonchalamment prudemment, s'observant les uns les autres. Pas un ne manque à l'appel. Il y a les chats de gouttière mêlés aux chats de nobles lignées, ceux qui ont l'extrême vivacité de la jeunesse et ceux qui portent le poids de l'âge, les gros, les efflanqués, les grands, les plus petits... Tous sont là pour de fantastiques agapes. Comment le diable ne serait-il pas apparu à une telle fête, je vous le demande? Dès qu'il eut vent de la chose, il arriva donc et fut salué par un tumulte de miaous. C'est qu'il apportait un cadeau digne de lui et qui fit clignoter plus d'un oeil de minet: une auge en granit, que, dans le pays, on appelle un timbre... Eh! Oui, le timbre aux chats. Et ces maîtres de l'ormeau Robinet, le soir de Carnaval, y déposent pour les savourer en commun toutes les choses succulentes qu'ils ont pu dérober aux hommes. De leur côté, les lutin fradets, si nombreux en cette région, apportent, eux aussi, et généreusement, leur offrande. Alors, le repas commence, un festin digne d'un roi des minets. Chacun, naturellement, essaye d' en avoir son content, et même davantage. Les mâchoires s'entrechoquent, quelques coups de pattes tentent de réduire l'autre à l'impuissance, tout cela avec, comme fond sonore, des ronrons de satisfaction. Si d'aventure, quelque promeneur survenait, attiré par l'air chargé de parfums du tout nouveau printemps, ou si quelque curieux se dissimulait derrière un buisson pour suivre des yeux ce festin, d'adroits coups de griffes le rappelleraient aussitôt à plus de discrétion. Les chats, vous le savez, sont des sages qui gardent pour eux leurs secrets. Après cette nuit merveilleuse et fantastique, ils abandonnent le « timbre », seul témoin de leurs orgies. Or, il n'en fallait pas plus pour que la convoitise de certains fermiers fût mise à rude épreuve. C'est qu'un pareil objet était bien tentant, avouez-le. Il pouvait rendre toutes sortes de service. Pouquoi s'en passer, alors qu'il n'y avait qu'à se baisser pour le prendre?.. Des fermiers se baissèrent donc et transportèrent l'auge en granit chez eux. Et tous, sans exception, s'en mordirent les doigts. En effet, pour les punir de s'être emparés du « timbre aux chats », un nombre impressionnant de catastrophes s'abattirent sur eux. Il suffisait que le timbre fût posé dans la cour de la ferme qu'aussitôt des animaux dont on ne soupçonnait ni le nom ni le genre, se missent en devoir de rôder autour de la maison. Les flairant à la limite d'un pré, les chiens avançaient alors, les pattes raides et tremblantes, sans pouvoir empêcher l'anéantissement du troupeau qu'ils gardaient. D'autres fermiers entendirent des bruits singuliers et impossibles à préciser dès que descendaient les ombres du soir. Les femmes et les enfants en perdaient le sommeil, les hommes le boire et le manger. Quant à venir rendre visite à ces malheureux fermiers, personne ne l'eût osé. C'était déjà bien si, en plein jour, les plus intrépides se risquaient à échanger quelques mots. Les chiens avaient beau aboyer menaces et insultes, rien n'y faisait, les bruits continuaient à obséder et à troubler la vie des fermiers. D'autres, enfin, constatèrent, atterrés, le pourrissement de leurs récoltes. La ruine menaçant, vous pensez si ces fermiers se hâtèrent de remettre le « timbre aux chats à sa place d'origine et, aussitôt, ils retrouvèrent la tranquillité et le bonheur d'antan. Le souvenir de ces représailles, fidèlement parvenu jusqu'à "nous, trouva sa confirmation, il y a quelque quinze ans, quand un amateur de vieilles pierres, qui n'était point du pays, s'arrêta, un beau matin, à l'ormeau Robinet. Découvrant l'objet en granit et le trouvant fort beau, sans hésiter, il décida de l'emporter et le chargea aussitôt dans sa camionnette, ravi de sa trouvaille. A peine lui eut -il trouvé une place dans sa demeure qu'il se sentit mal à l'aise et, malgré les soins d'un docteur avisé, ne parvint pas à recouvrer la santé. Alors quelqu'un pensa à la malédiction qui pesait sur le "timbre aux chats". Devant cette révélation phénoménale, l'amateur de vieilles pierres ne put maîtriser sa peur et demanda que, dans les plus brefs délais, on voulût bien remettre l'auge à sa place. Et le plus extraordinaire, c'est qu'il guérit aussitôt. Cependant, quelques années plus tard, certains ne se firent pas scrupule de tenter l'aventure: ils poussèrent l'indélicatesse jusqu'à prendre la fameuse auge une nuit sans lune. A quelque temps de là, on ne parla plus, dans la région, que de la disparition du « timbre ». La rumeur en parvint aux oreilles d'un journaliste qui eut l'idée d'en faire un article dans une feuille locale. Ainsi averti, tout le monde attendit la suite, ou plus exactement la veille de Carnaval. Eh! Bien, la veille de Carnaval, quand on procéda à la vérification, le «timbre» avait retrouvé sa place. Les gens d'aujourd'hui, comme ceux d'autrefois, n'aiment guère prendre de tels risques... et, à la crainte du châtiment, préfèrent encore la poésie des choses.

Le mariage
Le nombre des invités d'une noce en Vendée varie souvent entre trois et quatre cents. Les voisins, ceux mêmes des villages dans un rayon de trois ou quatre kilomètres, sont conviés à prendre part à la joie de la famille. Tous, le matin du mariage, viennent chercher les époux pour les conduire au bourg. Et rien n'est aussi curieux que cette foule bariolée où la jaquette détonne dans l'harmonie des paletots à l'ancienne mode, des blouses du vieux temps, où le chapeau de la citadine semble grimacer au milieu des jolies coiffes de nos paysannes. La mariée, d'ordinaire, n'est pas habillée de blanc. Coiffée de la cabanière avec dessus la couronne d'orangers, elle porte une robe de couleur agrémentée d'une large ceinture flottante; un mouchoir de tulle complète sa toilette.
La voilà donc prête, la gentille épousée, prête à se présenter devant le maire et le curé. Son départ de la maison paternelle est annoncé par deux coups de fusil. Si le village est loin du bourg, cabriolets et chars-à-bancs ayant leurs chevaux fleuris à la tête de flots de rubans emportent les noceurs; dans le cas contraire on se rend à pied traînant après soi quelques bouteilles servant à désaltérer ceux qui viennent saluer la mariée. A la croisée de quatre chemins, on lui offre des fleurs champêtres; en retour elle met dans l'assiette déposée sur une chaise, une menue pièce et chaque invité imite son exemple. La mariée trinquait avec ceux qui venaient la saluer et emportait leur cadeau. Au bourg les musiciens, ils sont souvent deux ou trois dont les notes ont alterné le long du chemin avec les vieux airs vendéens, font entendre leurs joyeux accords. Puis le prêtre bénit l'union des jouvenceaux. Il dit à la jeune épousée, que la femme doit obéissance à son mari. Mais elle, pliant le doigt quand ce dernier va placer l'anneau, signifiera nettement qu'elle entend être la maîtresse dans son ménage. Elle sait que lors de la bénédiction nuptiale l'époux dont le cierge brûle le plus vite mourra le premier. Pour être heureuse, elle donnera au prêtre, afin qu'il les bénisse, 13 pièces d'or ou d'argent selon sa fortune. Le pasteur en gardera une et les douze autres remises aux intéressés constitueront les arrhes du mariage. Après la sortie de la sacristie, la mariée ira déposer un louis ou une pièce d'argent sur I' autel de la Vierge. Elle sait encore que, si trois mariages se rencontrent le même jour à l'église, l'un d'eux n'aura pas d'enfants.
Y en aurait-il deux seulement que la première épousée rentrant dans l'église mourra cependant dans l'année: celle qui sort la dernière devant la précéder dans la tombe, Aussi pour éviter ces malheurs, se donnent-elles la main à l'entrée et à la sortie: il est toujours assez de fâcheux présages, ne fut ce encore que la rencontre fortuite d'un convoi funèbre ?
La cérémonie religieuse est terminée. Chacun des invités vient présenter ses vœux de bonheur aux mariés arrêtés à la porte de l'église. Tous embrassent les deux époux, puis il s'agit d'acheter les cadeaux. Garçons et filles vont dans les magasins. L'un prend un balai, l'autre une marmite. Les demoiselles se cotisent et achètent soit un globe, soit de menus objets de toilette. On revient ensuite au village. Maintenant la bergerette et son pastour sont unis, et de toutes les poitrines s'échappe I'air traditionnel qui accompagne le retour de l'épousée à la maison paternelle :
I l'emmenons la mari-aÏ-e
I l'emmenons dans sa maison.
Un feu de joie est dressé dans le village. Aussitôt que la noce arrive, les fagots de fournille s'évanouissent en une joyeuse flambée, pendant que le marié doit casser d'un coup de fusil la vessie de goret pleine d'eau ou abattre les pommes de pin se balançant au sommet de la perche du feu de joie. La perche restera là jusqu'à ce que le temps qui détruit tout se charge de la faire tomber. Quand elle s'inclinera, dit la tradition, à la ferme la gent villageoise apprêtera des langes
pour recevoir celui dont la venue «déride les plus tristes fronts ». Si le marié ne réussit pas à tomber les pommes de pin, les jeunes gens, par des coups de feu, des coups de pierre essaient de couper les fils qui retiennent les couronnes.
Sur un rang, les hommes et les femmes de service attendent maintenant les mariés pour leur souhaiter la bienvenue et les embrasser. Les gars crient à tue tête :
Trempez la soupe; trempez
La mari-aÏ-e qu'arrive
C'est le moment de la prise de possession de la maison. Deux camps se forment. Un groupe s'enferme à l'intérieur, l'autre reste au dehors. Celui-ci chante les couplets suivants :
Sont troès pigeons ramés qu'avant pris lu volaÏe,
Le l'avant pris si haoût, si loin, la mer avant traversaÏe :
Ouvrez la porte, ouvrez nouvelle mari-aÏ-e
Sus le logis d'au roê, avant fait lus appouaÏe
L'avant pondu et couaÏe, ont amené grouaÏe
Ouvrez la porte, ouvrez nouvelle mari-aÏ-e
Ceux de l'intérieur répondent :
I ne pét rouvrir, sé dans mon Iet couchaie
Mon mari m'y tint, m'y tint à brassaÏe
Et la porte s'ouvre cependant !
Parfois aussi les mariés s'asseyent à la porte de leur demeure; les invités leur chantent une chanson et les forcent à manger du pain sec, à boire de l'eau. Si deux mariages ont lieu en même temps dans la même famille, la femme qui doit faire la cuisine ramasse la casserole, la poêle jetées dans la place; l'autre qui s'occupera du ménage ramassera le balai, le battoir etc. La mariée rentre-t-elle dans la maison de son beau-père ? Celui-ci lui donne le bras pour l'introduire dans sa nouvelle demeure. L'époux auquel échoit le soin de l'étable, devra remettre la fourche du soigneur en place et celui qui va au labour remisera la charrue à l'endroit d'où on l'a retirée pour la circonstance.
Les tables sont dressées dans la grange transformée en salle de festin. Les murs sont tapissés de drap ornés de roses: une couronne blanche se balance au-dessus de la tête de la mariée. Tout d'abord on n'entend que le bruit des fourchettes frappant sur les assiettes, le son des mâchoires broyant les aliments. Puis notre gros plant ayant quelque peu délié les langues et humecté les gosiers, de toutes parts s'élèvent les vieux airs vendéens. Bientôt c'est une véritable cacophonie, chacun des chanteurs cherchant à dominer la voix du voisin :
Sont-zy pas de noce itchi
Sont-zy pas de noce ?
Subitement le silence se fait; on va danser les gâteaux offerts par les parrains et marraines des mariés. Ce n'est pas la partie la moins originale d'une noce vendéenne que la danse des gâteaux. Sur une large tôle s'étend la pâtisserie qui, parfois atteint le respectable poids de trente kilogrammes. Deux hommes la tiennent suspendue au-dessus de leurs têtes et conduits par le violoneux exécutent des entrechats, qui pour n'avoir rien de commun avec la chorégraphie, n'en ont pas
moins leur cachet bien particulier. Le gâteau découpé, chacun en reçoit un morceau, puis le café servi on se met à la danse. Cavaliers et cavalières ne perdent pas un seul instant. Jusqu'au moment du dîner les quadrilles succèdent aux polkas les mazurkas aux scottishs. Parfois un farceur jette dans le bal de la graine de chardon et les jeunes filles de se gratter à la joie générale. Les anciens pour qui les sauteries n'ont plus d'agréments, jouent aux cartes, font de nombreuses parties de palets, arrosées par de nombreux verres de gros plant. Au repas du soir, les jeunes filles chantent la chanson de la mariée.
Permettez qu'en ce jour,
O jeune et tendre épouse,
S'explique notre amour ;
Ne soyez point jalouse.
Ecoutez nos accents
Et nos avis touchants
Dès le premier soir, l'alcôve commune abrite les deux époux. Celui d'entre eux qui soufflera la chandelle mourra dans l'année, aussi pour éviter ce malheur, ils doivent
I'éteindre ensemble ou bien la laisser se consumer entièrement. Vers onze heures, tandis que les chants des amateurs de cartes et de palets retentissent dans la grange, la jeunesse prépare la soupe à l'oignon fortement saupoudrée de poivre, comme le veut la tradition, et la porte aux mariés. Ceux-ci goûtent les premiers et chacun puise à même dans la soupière.
Le lendemain de bonne heure la soupe aux choux est servie. De nouveau, la danse reprend. Moins nombreux que le jour précédent sont les danseurs. Une nuit sans sommeil pendant laquelle le vin blanc coula trop abondamment a mis beaucoup de cavaliers hors d'état de reprendre la sauterie. Aussi, au dernier repas, de toutes parts se croisent les chants. La cacophonie de la veillée n'est que jeu d'enfant auprès de ce bruit assourdissant pour les oreilles les moins délicates. C'est au cours de ce déjeuner que les frères du marié, célibataires et plus âgés que lui, filent et dévident jusqu'à ce qu'un plaisant enflamme la quenouillée.
Il faut maintenant se quitter. Les voitures s'attellent ; parents et amis prennent congé des jeunes époux ou vont conduire la mariée chez son nouveau maître si elle abandonne le village natal. Ceux qui voyagent à pied, emportant un morceau de pain et de viande fixés au bout d'un bâton font retentir la campagne de leurs chants. Au lointain. dans le
crépuscule gris, on perçoit les échos d'un noceur attardé :
M'en revenant daus noces I étais bé fatigué Sus le bord d'ine fontaine I me sé repousé…
Puis tout rentre dans le silence, car ces deux jours de festin demandent un sommeil réparateur.

Les métiers
Métiers anciens, oubliés, d'autrefois. Appelons-les comme on veut ; Ce sont les métiers de nos ancêtres. Bon nombre ont disparu, d'autres ont changé, certains sont perpétués par de trop rares passionnés. Ils étaient leur raison de vivre, leur vie.
Les laboureurs, les artisans, les journaliers, hommes et femmes solidaires qui ont vécu au jour le jour, au rythme simple des saisons, ont façonné notre passé.
Quelle vie avaient nos ancêtres en Poitou dans le courant du grand siècle et au siècle des lumières ?
La plupart des gens sont peu fortunés, les billets de banque sont inconnus. Seules les pièces sont en circulation. Dans les exploitations agricoles, les laboureurs et leurs familles vivent en autosuffisance. Ils se chauffent au bois abattu des haies.
Tous disposent d'un four en maçonnerie pour cuire le pain, les poules produisent des œufs et l'élevage des cochons fournit la viande que l'on met en conserve salée dans les grands pots de terre cuite : les charniers. Les bovins appartiennent souvent à des races rustiques, aptes au travail de charroi et au labour, mais sont d'un faible rendement de lait. Les vaches arrivent à élever leur veau mais, pendant un court délai, la traite ne produira que quelques litres de lait par journée. On en fera du beurre, baratté à la main, qui sera conservé pour la nourriture hivernale.
La plupart des fruits actuels sont inconnus, on consomme parfois des pommes, des châtaignes, des raisins, des cerises sauvages…
On ne connaît pas les pommes de terre, les tomates, les choux-fleurs, les asperges, les fraises à gros fruits. Aucun fruits exotiques n'apparaient sur les tables : bananes, oranges, citrons, sucre, café, chocolat sont présents à la cour du roi depuis Louis XIV, mais ne sont pas encore répandus au niveau du peuple. Les paysans produisent également la matière première de leurs vêtements : la laine des moutons.
Ils cultivent aussi le chanvre et surtout le lin qui après avoir subi certains traitements peut être filé. Conduit chez les tisserand, ceux-ci feront une toile qui fera d'excellents draps de lits ou de solides vêtements.
Une étude fine de cette époque révèle un analphabétisme massif à la veille de 1789, puisqu'il touche au moins 60% des hommes et 85% des femmes, ce qui ne veut pas dire que le reste de la population soit fort instruit : beaucoup ont fait leurs lettres après quelques mois d'école… Il faut savoir que l'éducation est payante et non subventionnée, que les personnes susceptibles d'enseigner, mis à part le curé ne sont pas disponibles et présentes partout. Il ne faut pas cacher non plus, le fait que certains parents n'apprécient pas de voir leurs enfants devenir plus instruits qu'eux-mêmes, craignant que leur autorité s'en trouve de ce fait réduite.
Le scieur de long
Toujours par deux, les scieurs de long (le chévrier et le renard ou renardier) font partie du peuple de la forêt. Le doleur dirigeait plusieurs équipes de scieurs. Pierre Crépier né 1820 à la Ronde (79) , exerçait ce métier en forêt de Chantemerle. Pendant plus de 12 heures par jour, il devait certainement débiter des poutres, des planches, plus tard des traverses pour le chemin de fer.
Le scieur de long travaillait plusieurs espèces de bois suivant la demande des clients.
Il s'agissait souvent de chêne, de hêtre ou d'orme. Le châtaignier était utilisé pour les charpentes car il a la propriété d'éloigner les insectes. Le cœur du tronc était utilisé pour produire les pièces importantes pour les charrons, comme les limonières qui devaient être très solides.
Après avoir été abattu, l'arbre est d'abord débité avec le passe-partout (scie à deux poignées avec une large lame), puis il est équarri avec une hache appelée bigeoir ou hache à peler. Le doleur intervient alors pour tracer les ligne de coupe avec une simple corde trempée dans un mélange de cendres et d'eau qui laissera une ligne noire sur le tronc. La coupe va pouvoir commencer. Il faut alors hisser le tronc sur la chèvre (aussi appelée mouton ou chantier) ; il s'agit d'une longue poutre solide qui repose à une de ses extrémités au sol et à l'autre sur 2 ou 3 pieux solidement fixés au sol. Le tronc y est maintenu par une cale et une chaîne de telle façon qu'il dépasse de la moitié de sa longueur. La niargue (scie composée d'un cadre de 1m60 sur 1m, d'une lame tendu par un écrou et d'une poignée) est alors affûtée, le chevrier monte sur le tronc tandis que le renard saisi la partie inférieure de la scie. Commence alors le va-et-vient de la scie, rythmé par la chanson du scieur de long ; le chevrier tire la scie vers le haut, le renard scie le tronc en redescendant. On procède ainsi pour toutes les lignes précédemment tracées, puis on fait la pause en trinquant, on retourne le tronc et la même opération recommence pour l'autre moitié. A 2 cm de la fin, la coupe est arrêtée ; les planches se sépareront d'elles-mêmes lorsque le tronc sera jeté à terre, produisant du même coup la signature des scieurs de long.
Le métier a été très prospère jusqu'au début du XXème siècle. Comme pour beaucoup d'autres, l'industrialisation l'a fait disparaître : ce fut d'abord l'apparition de scies à ruban, d'abord mues par la vapeur, puis par l'électricité, ensuite l'apparition du camion qui permettait de transporter les billes à la scierie où elles étaient ensuite débitées. Le métier a disparu au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Aujourd'hui, les scieurs de long ont disparus. Seul le folklore nous permet de retrouver les gestes de ces travailleurs des forêts.

Le cordier
Il s'agit d'un métier très ancien, qu'un de mes ancêtres Louis Gachignard, né en 1820 à Loge Fougereuse pratiquait en complément d'une activité de journalier agricole. Son frère Henri qui demeura et mourut à Largeasse en 1871, exerçait également cette profession. Retrouvons ici les gestes du cordier, l'un des seuls métiers où il faille marcher à reculons sur plusieurs dizaines de mètres pour produire cette ficelle ou cette corde si anodine, mais pourtant si nécessaire à tous.
Avant que n'apparaissent les manufactures, on trouvait des artisans cordiers dans toutes les régions de la France, avec une prédilection pour les lieux de production du chanvre et les régions maritimes, Bretagne et Charentes, grandes demandeuses de cordes et de câbles.
Le matériau le plus employé est le chanvre. Le cordier peut aussi utiliser du lin, du tilleul ou du crin.
Le premier travail du cordier consiste à préparer le chanvre qu'il a acheté roui et broyé. Pour cela il utilise différents peignes aux dents plus ou moins longues et écartées (aussi appelés seran). Le plus grossier sert à débarrasser le chanvre des débris de bois (c'est le teillage), le plus fin sert à séparer les fibres en fils très fins (c'est le peignage).
Vient ensuite le filage. Pour cela, le cordier prend de la filasse qu'il tient dans un tablier autour de la taille. Après avoir fait une boucle qu'il accroche au rouet, le cordier va dévider le chanvre tout en reculant le long de l'aire qui peut mesurer jusqu'à cent mètres, tandis que le tourneur fait mouvoir la roue. Cela a pour effet de produire un fil tordu sur lui-même soutenu de près en près par des râteliers ou râteaux. Tout l'art du cordier consiste à dévider le chanvre le plus régulièrement possible.
La dernière étape consiste à réunir les fils et à les tordre ensemble pour faire des cordes. Ce travail peut s'effectuer sur le rouet pour les petits diamètres ; pour les tailles plus importantes, on utilise un chariot. Le principe, qui est toujours le même, consiste à réunir plusieurs fils, par torsion, pour produire un toron, puis plusieurs torons pour obtenir une corde. La corde terminée est enduite d'une solution de colle et d'eau.
Issus de la corporations des cordiers du Moyen-Age dont les statuts remonte au 17 janvier 1394, le métier de cordier est très ancien. La corporation des cordiers de Saint Valéry sur Somme est née en 1503. On relève en 1442 que les cordiers sont tenus "de bailler et livrer tous cordages gros et menus aux gens de justice... quand les cas adviennent pour lier, pendre et exécuter larrons, meurtriers et autres malfaiteurs." (Lettre patentes données à Tours par Charles VII).
En 1692, sous l'impulsion de Colbert, la Corderie Royale de Rochefort est édifiée dans un bâtiment de 370 mètres de long.
Mais bien souvent, jusqu'au début du XXIème siècle, le cordier reste un artisan de village qui travaille à l'extérieur (par nécessité de place), mais à l'abri de la pluie qui influe sur la qualité des cordages. Sa production est destinée essentiellement au monde agricole, mais aussi aux autres artisans, tous consommateurs d'au moins un type de ficelle ou de corde. Aujourd'hui la culture du chanvre a pratiquement disparue et le cordier avec elle. De nos jours, le métier de cordier artisanal, tel qu'il est décrit ici, n'existe plus. Les fibres synthétiques et les machines ont remplacé le chanvre et les hommes.
" La porte s'ouvre, le cordier sort de l'ombre du hangar et commence sa marche à reculons. Autour de sa taille, une touffe de chanvre en bataille, que ses mains de prestidigitateur vont transformer en ficelle, puis en corde. "
Extrait de "Des métiers et des hommes au village" Bernard HENRY - 1975

Quelques définitions de métiers exercés par mes ancêtres



