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Les noms de famille 

 La population était autrefois très sédentaire, les gens trouvaient pour la plupart leur épouse, leur époux dans leur hameau, dans leur village, dans un rayon d'une dizaine de kilomètres à peine... A partir du 18éme siècle, la pression démographique, les moyens de transports font que près de la moitié de chaque génération quitte son village natal. Mais comme ceux qui migrent meurent plus tôt et que, s'ils survivent, ils possèdent un taux de fécondité plus faible, les descendants actuels sont toujours principalement groupés autour de la région d'origine. Une étude CNRS-INRA montre ainsi que 85% des descendants d'une famille donnée habitent en 1989 dans un rayon moyen de 50 km autour du village d'origine du 17éme siècle !

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Famille Gachignard/Perrault 

en novembre 1907 à Saint Pierre du Chemin  (Vendée 85)

Il est préférable d’utiliser le terme «nom de famille» à patronyme qui est plus restrictif, car il existe deux classes de noms de famille, les patronymes transmis par le père et les matronymes transmis par la mère.

Par son prénom et nom, l’enfant se rattache à un environnement familial, à tout un héritage historique et spirituel. Il continue sa famille, il est un maillon d’une longue chaîne qui le relie à ses ancêtres.

Nous pouvons légitimement, nous poser multiples questions sur le sujet des prénoms et noms de famille : D’où viennent-ils ? Sont-ils anciens ? Depuis quand sont-ils transmissibles ?

 

Dans l’Antiquité, à Rome le système nominal se compose d’abord du prénom (praenomen), puis du nom (nomen) qui désigne la famille ou la lignée à laquelle se rattache la personne, enfin le cognomen qui est la dénomination courante.

Le prénom était donné aux garçons neuf jours après leur naissance. La coutume constituait à donner à des frères le même prénom. En l’an 6 de notre ère, le sénat de Rome décréta que les fils aînés porteraient  le prénom de leur père. Dans chaque famille, l’aîné était donc inscrit au livre des Actes publics sous le nom du père, tandis que les cadets l’étaient sous le numéro d’ordre de leur naissance (secondus, tertius, quartus, etc.).

Le nom était porté par les membres d’une même lignée «biologique » et par tous ceux qui lui étaient attachés : clientèle, serviteurs, etc... Le cognomen  provenait souvent d’un ancien surnom devenu héréditaire.

En Grèce, le nom était en général accompagné d’un patronyme marquant l’appartenance à un clan, un ensemble de familles ou une lignée. A  l ‘époque classique, on mentionnait la filiation et le dème (secteur géographique) d’origine. L’enfant recevait  son nom le septième ou le dixième jour suivant sa naissance. Ce nom était choisi par le père. Le fils aîné recevait le plus souvent le nom du grand-père maternel, celui de la grand-mère paternelle étant attribuée à la fille aînée. Cette coutume qui a traversé le temps, se trouve encore en vigueur aujourd’hui.

Les Gaulois, peu de choses sont connues sur les noms gaulois, qui n’ont pratiquement pas survécu dans le répertoire des prénoms modernes.

Les Germains portaient des noms simples,  qui sont à l’origine d’un très grand nombre de prénom français. Tandis que chez les Grecs et les Romains les femmes portent le nom de leur époux, de leur père ou de leur lignée, chez les Germains, elles  possèdent un nom qui leur est propre.

 

  La civilisation des Romains, la gaule devient romaine, l’usage des noms de personnes latins se substitue peu à peu aux noms celtiques. Ces noms latins à quelques exceptions près, tombèrent dans l’oubli.

A partir du V siècle, la conquête revêt une grande ampleur, l’anthroponymie gallo-romaine se transforme sous des influences essentiellement germaniques.

Enfin les Francs, grands vainqueurs de tous ces mouvements de peuples, occupent d’abord la Gaule du Nord, puis, sous Clovis et ses fils, ne cessent d’étendre leur influence. Ce sont eux qui vont imposer leurs noms aux ancêtres des Français.

 

Au Moyen Âge, après l’installation des noms d’origine germanique, on voit se produire un phénomène très curieux, qui est la diminution importante du nombre des noms couramment utilisés. Ce phénomène est dû, pour l’essentiel, à l’influence de l’Eglise qui tend de plus en plus à limiter le choix des parents à des noms acceptables du point de vue chrétien, c’est à dire ayant été porté par de pieux personnages. La mode de son côté, favorise l’imitation, dans certains villages, il n’existe qu’une dizaine de prénoms (Jean, Jacques, Marie, Pierre ou Paul…) pour dénommer la quasi-totalité des habitants !

Vers l’an mille, la nécessité se fait sentir d’éviter les quiproquos, ne serait-ce que dans les documents administratifs, lorsqu’il y en a, en distinguant les porteurs d’un même patronyme. C’est alors que l’on voit des surnoms s’ajouter au nom de baptême, afin de mieux préciser les individualités. Le fait est capital, car l’aboutissement de ce phénomène sera le système de la double dénomination qui est encore en vigueur de nos jours : prénom plus nom de famille. Les racines de cette véritable révolution semblent remonter à l’époque de Charlemagne. Dès le IXe siècles, en effet, les sobriquets sont d’usage courant à la campagne comme dans les villes.

A partir du Xe siècle, ils apparaissent dans les documents écrits et dans les actes officiels, nouveauté provoquée par un besoin évident de précision et de clarté. On trouve donc d’un côté le nom de baptême, le futur prénom, et de l’autre un surnom, qui peut changer au cours de la vie et qui n’est pas forcément héréditaire.

Le grand tournant se produit vers la fin du XIe siècle : le nom de baptême devient le prénom proprement dit, tandis que le surnom se transforme en un vrai patronyme transmis aux descendants.

C’est la naissance de l’anthroponymie moderne. Ces surnoms, comme on peut s’en douter, sont de nature extrêmement variée : sobriquets professionnels très

fréquents, particularités physiques ou morales, toponymes, c’est-à-dire noms de lieux, de villes ou de villages, etc.

Vers 1200, l’usage du surnom héréditaire est à peu près général dans les deux tiers de la France. A la même époque, l’Eglise accentue son emprise sur la vie privée. Elle impose notamment les parrains et les marraines, à qui revient fréquemment le choix du prénom.

Les noms de baptême sont le plus souvent tirés des Ecritures, en concurrence avec les noms païens d’origine germanique qui restent très portés. Parmi les prénoms ou les diminutifs les plus courants, certains, aujourd’hui sortis de l’usage, donneront par la suite naissance à des noms de famille : Durand, Guérin, Janet, Garnier, Monet, Simonin, Mangin…

 

L’état civil, le premier registre des noms de baptême connu en France date de 1411. A cette date, la presque totalité des prénoms utilisés sont d’origine chrétienne ou ont été christianisés par le truchement d’un saint patron.

Le culte des saints, qui s’est beaucoup développé pendant le Moyen Age, a facilité cette évolution. Le baptême est désormais l’occasion de donner à l’enfant le nom d’un saint, d’un évêque ou d’un personnage de la Bible.

La fête, qui commémore le jour du saint patron prend le plus souvent le pas sur l’anniversaire, qui ne conserve le souvenir que de la naissance physique.

En 1539, sous François 1er, le célèbre édit de Villers-Cotterêts, qui, par ailleurs, impose l’usage de la langue d’oïl, c’est à dire du français, dans les documents administratifs auparavant rédigés en latin, fixe les noms de famille dans toutes les possessions du roi de France et, dans son article 51, fait obligation aux curés de chaque paroisse de tenir des registres d’état civil.

Toujours au XVIe siècle, l’apparition et le développement de la Réforme favorisent la diffusion des prénoms d’origine biblique : le Synode en 1562 recommande aux protestants de choisir les prénoms de leurs enfants dans l’Ancien Testament.

En 1598, l’édit de Nantes confie aux pasteurs huguenots le soin de rédiger état civil de leurs ouailles. Après la révocation de cet édit, en 1685, aucune autre décision ne sera prise à ce sujet, et c’est seulement sous Louis XVI, par l’édit du 28 novembre 1787, que les officiers de justice seront officiellement chargés de rédiger en France l’état civil des non-catholiques.

A la fin du XVIIIe siècle, le choix du parrain et de la marraine s’opère de plus en plus souvent en dehors du cercle familial. Souvent lié à un désir de promotion sociale, on parle alors de parrainage de prestige. Cet usage permet aux parents d’étendre leur réseau de relations et assure à l’enfant une protection pour l’avenir. Mais, en même temps, le parrain et la marraine choisissant souvent le nom de l’enfant, il entre en contradiction avec l’habitude qui consiste à donner de préférence au nouveau-né un prénom déjà porté par l’un de ses ancêtres. Le renforcement des alliances sociales (lien horizontal) s’opère ainsi au détriment du primat de la lignée (lien vertical).

 

A la veille de la Révolution, l’enregistrement des naissances et des baptêmes est fait exclusivement par les curés des paroisses, pour les catholiques, et par les juges royaux, pour les autres.

Au moment de la laïcisation de l’état civil (20-25 septembre 1792), l’Assemblée législative conférera ensuite ce rôle aux officiers publics de l’état civil, lesquels seront pris parmi les membres du conseil général de chaque commune et devront être élus par leurs collègues. Elle précisera que le déclarant de la naissance doit être, sauf circonstance particulière, le père de l’enfant, assisté de deux témoins.

 

La Révolution de 1789 devait avoir des conséquences directes sur les attributions de prénoms. C’est en septembre 1792, d’ailleurs, que les textes officiels emploient pour la première fois le terme de prénom et non celui de nom propre ou de nom de baptême.

Le 24 mars 1793, un décret rappelle que tout prénom est valable si les formalités légales ont été respectées. Un autre texte arrêté en brumaire an II (octobre 1793) autorise tout individu qui le désire à changer légalement de nom ou de prénom. Les conditions d’enregistrement des naissances s’en trouvent bouleversées.

Le 27 novembre 1793, une loi de la Convention instaure le calendrier républicain : l’année comporte désormais douze mois de trente jours, assortis de cinq jours supplémentaires (les sans-culottes) et, tous les quatre ans, d’un jour de la Révolution. Bannis de ce calendrier, les noms de saints sont remplacés par des" vocables patriotes " des noms de grands hommes de l’Antiquité, mais aussi des noms abstraits, des noms de vertus, des noms de fleurs, d’arbres, de légumes, de minéraux,  ou d’animaux ! Cette liberté dans le choix des prénoms sera confirmée par la loi du 29 floréal an II (18 mai 1794). On voit alors fleurir les initiatives les plus surprenantes. C’est l’époque des prénoms révolutionnaires ! Les trois prénoms vedettes sont Liberté, Floréal et Brutus. Mais des enfants sont aussi prénommés Citrouille, Pissenlit, Belle de Nuit, Naturel, Agneau, Cerfeuil, Centigramme, etc.

Il revenait à Napoléon de mettre fin à ces désordres. Une nouvelle loi concernant l’état civil est en effet adoptée le 11 germinal an XI, c’est-à-dire le 1er avril 1803.

Elle met fin aux prénoms révolutionnaires et précise que les prénoms ne devront désormais être choisis que dans le calendrier liturgique et l’histoire ancienne.

Elle signale aussi que ceux qui portent encore des prénoms révolutionnaires peuvent recourir aux tribunaux pour les changer, par simple rectification de l’état civil dans le registre des naissances.

 

 De nos jours, les parents doivent savoir en tout cas que le prénom est essentiel pour l’état civil, sans prénom, l’enfant est jusqu’à sa majorité sans existence légale, et qu’il est extrêmement difficile de changer de prénom, une fois celui-ci officiellement déclaré et enregistré.

La loi du 6 fructidor an II (23 mars 1794) faisait obligation aux Français de conserver le même prénom toute leur vie durant. Ces dispositions ont été amendées après la Seconde Guerre mondiale.

A l’heure actuelle, les tribunaux sont autorisés à modifier le ou les prénoms d’un enfant dans trois cas :

  • Lors d’une naturalisation (article 57 du code civil, loi du 25 octobre 1972)

  • En cas d’adoption (article 357 II du code civil)

  • Changement de prénom correspondant à l’intérêt légitime de l’enfant (article 57 III du code civil).

 

La France est le pays qui possède le nombre de patronymes le plus important, il y aurait actuellement 900 000 noms de famille différents, depuis Martin porté par 268 000 personnes, jusqu'à d'autres (un peu plus de 300 000 noms) qui ne comptent qu'un seul foyer.

 

 

La réforme du nom de famille

Une réforme récente du nom de famille en France représente un vrai changement par rapport au modèle quasi figé qui existait depuis le XIIᵉ siècle, mais ce n’est pas une rupture totale : elle élargit la liberté de choix tout en conservant la notion de transmission familiale.

Le processus de réforme

  • 1978 : le Conseil de l’Europe recommande que les parents puissent choisir le nom de famille de leurs enfants, sans discrimination entre père et mère.

  • 2002 (loi n°2002-304) : ouverture à la possibilité de porter le nom du père, de la mère ou les deux, mais mise en place en 2005 seulement pour les enfants nés ou adoptés à partir de cette date.

  • 2022 (loi n°2022-301) : procédure simplifiée de changement de nom pour un adulte (ajout, inversion ou suppression d’un des noms de ses parents) par simple déclaration en mairie, une fois dans la vie.

  • 2023-2024 : application consolidée, avec harmonisation pour les fratries et simplification des actes d’état civil

Ce qui change vraiment

  • Fin du monopole paternel : le nom peut venir du père, de la mère, ou être composé.

  • Souplesse intergénérationnelle : un adulte peut désormais modifier l’ordre ou la composition de ses noms sans procédure judiciaire lourde.

  • Pluralité de formes : apparition progressive de doubles noms transmis à la génération suivante

 Ce qui reste identique

  • L’inscription du nom reste obligatoire et stable dans les registres d’état civil.

  • Les règles de transmission doivent être cohérentes pour tous les enfants d’une même fratrie (pas de noms différents selon les enfants, sauf exceptions familiales spécifiques).

  • Les anciens noms de famille n’ont pas disparu : les lignées patronymiques restent traçables, même si elles se combinent plus souvent.

Impact sur le « modèle médiéval »

  • Le système patrilinéaire rigide, hérité du XIIᵉ siècle, est désormais un choix parmi d’autres.

  • La réforme fragilise l’idée d’« un nom = une lignée masculine continue » :

    • Des lignées vont se scinder ou fusionner en quelques générations.

    • Les doubles noms risquent, à terme, d’être simplifiés ou modifiés pour des raisons pratiques.

  • En revanche, pour la généalogie, les actes d’état civil conservent toutes les mentions (noms des deux parents), ce qui permet toujours de remonter les branches, même si la ligne du nom porté change.

  •  En clair :
    La réforme ne détruit pas le modèle du patronyme, mais elle le dépasse : d’un nom imposé par la lignée paternelle, on passe à un nom choisi dans la famille, ce qui donne plus de liberté mais crée plus de diversité.

 

 Exemple d’évolution sur 4 générations

Génération 1 – Couple d’origine

  • Père : Christian GACHIGNARD

  • Mère : Anne PAGE

  • Avant 2005 → par défaut, tous les enfants portent GACHIGNARD.

  • Depuis la réforme → choix entre :

    1. GACHIGNARD

    2. PAGE

    3. GACHIGNARD-PAGE

    4. PAGE-GACHIGNARD

Génération 2 – Les enfants de Christian et Anne

Supposons que les parents choisissent GACHIGNARD-PAGE pour leur fils Baptiste.

  • Baptiste se marie avec Sophie MARTIN.

Génération 3 – Les enfants de Baptiste GACHIGNARD-PAGE et Sophie MARTIN

Pour leurs enfants, ils peuvent choisir :

  1. GACHIGNARD-PAGE (transmission inchangée)

  2. MARTIN (nom de la mère)

  3. MARTIN-GACHIGNARD (ou GACHIGNARD-MARTIN)

  4. MARTIN-PAGE (si on veut ne garder qu’un des deux noms du père)

  5. PAGE-MARTIN (etc.)

⚠ Les doubles noms peuvent vite devenir encombrants — la loi permet donc de ne garder qu’un seul élément du double nom des parents lors de la transmission.

Génération 4 – Petit-enfant

Si un enfant de la génération 3 s’appelle par exemple MARTIN-PAGE et se marie avec Claire DUPONT, leurs enfants pourraient porter :

  • MARTIN-DUPONT

  • PAGE-DUPONT

  • MARTIN

  • DUPONT

  • etc.

 Conséquences visibles

  • En 2 ou 3 générations, le nom GACHIGNARD peut :

    • être transmis intact (GACHIGNARD)

    • se combiner (GACHIGNARD-PAGE, PAGE-GACHIGNARD)

    • disparaître totalement si aucun descendant ne le choisit (MARTIN-DUPONT, PAGE, etc.).

  • Pour un généalogiste, la filiation reste traçable car les actes officiels mentionnent toujours les noms complets des deux parents, même si le nom porté change

 Conclusion :
Avec la réforme, GACHIGNARD n’est plus assuré de se transmettre de manière continue par la seule lignée paternelle. Sa survie dépend des choix individuels à chaque génération, ce qui pourrait fragmenter les branches… mais aussi créer de nouvelles combinaisons inédites.

GACHIGNARD

 

 Le nom est surtout porté dans la Vendée, la Charente-Maritime et les Deux-sèvres. Variantes ou formes voisines : Gachignat,  Gachinard, Gachiniard. Le sens n'est pas précisément connus. Peut-être faut-il le rattacher aux nombreux toponymes commençant par "gach" avec le sens de terrain boueux, marécageux  ou encore à l'occitan "gachar" (= guetter, épier).  C’est donc un patronyme à forte implantation atlantique, avec un cœur historique en Charente-Maritime, Vendée, et Deux-Sèvres

Origine géographique :

Les zones marécageuses de la Venise verte (Marais poitevin) constituent un terrain idéal pour expliquer un lien avec gach au sens de « terrain humide ou boueux ». Plusieurs familles GACHIGNARD sont issues de villages proches du marais mouillé (Sainte Christine – Nieul sur l’Autize  – Maillezais).

Cependant il doit il y avoir  plusieurs branches GACHIGNARD, même si les départements 79 (Deux-Sèvres), 85 (Vendée) et 17 (Charente-Maritime) sont limitrophes.

Au XVIIᵉ–XVIIIᵉ siècle, les familles se déplaçaient surtout dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres pour des raisons de mariage, de travail agricole ou artisanal. Mais cela n’empêche pas qu’il y ait eu plusieurs foyers d’origine indépendants du même patronyme, qui n’avaient pas forcément un ancêtre commun proche

Deux foyers anciens attestés :

Sud-Vendée / Marais poitevin et Nord Deux-Sèvres  (Foussais, Payré, Mervent, Saint Pierre du Chemin, Nieul-sur-l’Autise, Sainte Christine …) , parfois orthographié Gachinat ou Gachiniard. Il est probable que ma lignée descende d’un foyer vendéen ancien . L’ancêtre le plus ancien Jacques Gachignard est né en 1639 à Payré Sur Vendée).

Nord Charente-Maritime (Saint-Jean-d’Angély, Aulnay, Loulay) — souvent avec des variantes comme Gachina, Gachinois.

Ces foyers sont géographiquement proches et pouvaient s’entrelacer via mariages ou migrations, mais on voit dans les registres que certains lignages remontent à des ancêtres distincts dès le XVIIᵉ siècle.

Origine linguistique :

gachar en occitan signifie effectivement « guetter », « épier ». Ce pourrait désigner un guetteur, un gardien de moulin ou de tour.

La langue parlée en Vendée n’était pas d’origine occitane, mais appartenait plutôt à l’aire d’oïl, plus précisément au poitevin-saintongeais.

Les chartes médiévales, actes notariés et écrits religieux vendéens du XVIIᵉ siècle sont rédigés soit en français classique (langue administrative), soit transcrivent un parler proche du poitevin.

  Les rares influences occitanes dans le poitevin-saintongeais proviennent surtout du commerce ou de la migration d’artisans, pas d’un substrat linguistique local.

Mes ancêtres GACHIGNARD s’exprimaient dans un dialecte poitevin-saintongeais, pas en occitan. Cela explique aussi pourquoi certains termes comme gachar (occitan pour « guetter ») peuvent avoir des cognats ou ressemblances en poitevin — mais ce n’est pas dû à une origine occitane directe, plutôt à un fonds lexical commun ancien.

Mes ancêtres sont originaires du bocage vendéen et plus précisément de Foussais-Payré, alors il a certainement été formé et transmis dans l’aire linguistique du poitevin-saintongeais.

 Foussais-Payré se trouve en sud-est Vendée, juste à la frontière avec les Deux-Sèvres, dans la zone historique du Bas-Poitou.  La langue quotidienne était le poitevin-saintongeais, un dialecte d’oïl distinct du français standard, mais compris comme une "langue sœur" (un peu comme le normand ou le picard). Les registres paroissiaux et actes notariés de la région montrent parfois des tournures et mots typiquement poitevins.

Influence linguitique sur le nom

Le radical gach- : En poitevin, on trouve gacher ou gachier au sens de « salir, gâter » (lié au vieux français gaster). Ce radical se rapproche aussi de gach, « terrain humide, bourbier » dans certaines zones, ce qui pourrait renvoyer à un surnom topographique (habitant près d’un sol marécageux).

Le rapprochement avec l’occitan gachar (« guetter ») est possible mais moins direct ici, car le poitevin a parfois emprunté ou conservé des racines communes avec l’occitan.

Le suffixe -ignard : Très courant en poitevin et saintongeais pour former des noms de famille (Pignard, Vignard, Régnard). Il peut indiquer une origine géographique ou un surnom lié à un trait physique/métier.

Le fait que mes ancêtres soient issus du bocage vendéen renforce l’idée d’une création locale plutôt que d’une importation d’une autre région.

Répartition des naissances par département 

  Marcon 

 Assez répandu dans le Forez, c'est sans doute un diminutif de Marc, formé avec le suffixe "on " fréquent dans cette région. Il peut s'agir d'un nom de personne d'origine germanique, Marco, Marconis (formé sur marca = frontière).  

  Garnier 

 Nom de personne d'origine germanique, Warinhari (warin = protection + hari = armée). Nom très répandu dans l'Ouest (35, 53), ainsi que dans la région lyonnaise et en Franche-Comté.  

  David 

 Ce roi et prophète biblique vainqueur de Goliath a vu son nom adopté par les chrétiens comme nom de baptême. Il signifie au départ le bien-aimé (hébreu dawidh).  

Perrault 

 Diminutif du nom de baptême Pierre, rencontré surtout dans le Maine-et-Loire et le Pas-de-Calais.

 

 Dazelle  

Dazel nom rare, il est porté en Poitou-Charentes, Vendée et Calvados, signification inconnue.

Page 

Surnom donné à un jeune garçon, un valet, sens que le mot page a conservé jusqu'au XVe siècle. Vient sans doute du grec paidion (= garçon).  

 Variante : Le Page.

 

 Verlon 

 Nom porté en Picardie. Aucune idée précise. Peut-être un nom de lieu, peut-être une francisation de Verloo (= de la clairière), peut-être enfin un diminutif de verel 

  (= verrou, cadenas).  

 Benoist 

 Variante très fréquente de Benoît. Le patronyme est répandu dans les Deux-Sèvres et la Seine-et-Marne. Du latin Benedictus (= béni), ce nom a été popularisé par deux saints, Benoît de Nursie (fondateur de l'ordre des bénédictins) et Benoît d'Aniane (réformateur du même ordre).  

Joly

 Un nom qui correspond à l'adjectif joli, mais avec le sens de gai, joyeux qui était le sien au moyen âge. On remarque la manie, remontant au moins à la Renaissance, de transformer le -i final en -y, pour des raisons essentiellement calligraphiques, qui se sont ensuite doublées d'un certain snobisme. Cependant ce Y final est d'une telle fréquence qu'il ne peut être expliqué par un seul phénomène de mode. Peut-être s'agissait-il aussi de marquer la présence de l'accent tonique sur la dernière syllabe. Le nom est très répandu dans toute la France, notamment dans le Pas-de-Calais et la Saône-et-Loire. 

 

Marias

 Ce nom ne désigne pas forcément la Vierge, car on le rencontre souvent au moyen âge écrit avec un à final. Dans ce cas, il s'agit du nom de personne latin Marianus, avec cependant de fortes connotations mariales. Quant à l'équivalent du français Marie, il est possible qu'il se dissimule parmi les nombreux Mary ou Mari. En effet, par exemple dans la vallée de la Lentillà et à Vinçà, on rencontre des Mary que les gens prononcent en faisant porter l'accent tonique sur le A, ce qui laisse supposer une autre origine que le latin Marinus. Bref, tout est une question d'accent tonique !

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