RACINES EN PARTAGE
Entre Cordes et Guidon
1. Aux origines : La Découverte du violon de Pépé Jules
À l'âge de 8 ans, ma vie a pris un tournant inattendu. En fouillant dans le grenier de la maison du grand-père, je suis tombé sur un violon poussiéreux qui semblait avoir vécu mille histoires. En interrogeant Papa, j'ai appris que cet instrument appartenait à mon grand-père, Pépé Jules. Avec son frère Baptiste, son ainé de quatorze ans, ils animaient des bals, apportant joie et musique aux soirées des villageois. Quelle époque !
Sans lui en parler, Papa et moi avons décidé de faire réparer ce violon, et le jour où nous lui avons offert en surprise, j'ai vu une étincelle de joie dans ses yeux. À partir de ce moment-là, il m'a initié à son répertoire, et je me souviens encore de la fierté que j'ai ressentie en apprenant à jouer des polkas, des valses et des avant-deux. L’apprentissage se faisait par imitation : je l'observais jouer, et j’essayais de reproduire ses gestes. Le son du violon résonnait dans la maison, ses gros doigts d’homme de la terre virevoltant avec agilité d'une corde à l'autre. Il jouait avec une telle passion ! « La cadence, c’est la cadence qu’il faut », répétait-il souvent. Chaque rythme avait son importance, que ce soit le 2/4, le 6/8 ou les trois temps bien marqués. Sur les avant-deux, il alternait même ces rythmes dans la même phrase musicale, ce qui me fascinait. Ce que j'apprenais n’était pas seulement des notes, mais aussi une tradition vivante, une connexion entre les générations.
J’ai appris que le terme "violoneux" n'était pas péjoratif, mais qu'il désignait simplement un musicien qui joue dans un style populaire, par opposition au "violoniste". Mais pour moi, que ce soit un violoniste ou un violoneux, l’essentiel était de faire vibrer les cœurs. Et je peux vous assurer qu’il n’y a pas de critères absolus pour juger un musicien. Ce qui compte avant tout, c'est le contexte social et l'émotion qu'ils transmettent.
Armé de ce précieux répertoire, j'ai rapidement rencontré des copains musiciens : des guitaristes, des joueurs de vielle à roue, et même de cornemuses. Ensemble, nous avons perpétué la musique traditionnelle, d'abord avec le « chaleuil d’au pays niortais » groupe de traditions populaires , puis avec d'autres musiciens improvisés. Ce voyage musical, commencé avec un violon poussiéreux, m’a connecté à mes racines et m'a rempli de souvenirs inoubliables.






2. Quarante ans d’engagement professionnel
Tout a commencé en avril 1980, lorsque j’ai franchi pour la première fois les portes du Groupe Populaire d’Assurance. Je me souviens de cette période comme d’un véritable apprentissage : chaque client rencontré, chaque produit d’épargne étudié, chaque dossier traité m’a permis de comprendre les subtilités du métier et d’affiner mon sens de l’écoute. La prospection directe, parfois exigeante, m’a appris à tisser des liens solides et à bâtir une relation de confiance avec chacun.
Un an plus tard, une nouvelle aventure s’est ouverte chez Groupama. Là, j’ai eu la chance de prendre des responsabilités, d’animer des équipes et de découvrir les rouages d’une organisation commerciale en pleine évolution. Les défis étaient nombreux, mais ils m’ont permis de développer un leadership fondé sur la cohésion et le partage. J’ai compris que la réussite ne se construisait jamais seul, mais toujours avec et grâce aux autres.
En 1999, une étape décisive : la direction d’une délégation. Ce rôle m’a plongé au cœur des enjeux institutionnels, aux côtés du Président de la Fédération Départementale. J’ai alors pris la mesure de l’impact de nos actions, non seulement sur l’équipe, mais aussi sur l’ensemble du secteur. Cette expérience m’a conforté dans l’idée qu’une vision globale et intégrée était essentielle pour avancer.
Puis, en 2004, j’ai choisi de m’orienter vers le recrutement et la mobilité, une mission qui m’a ouvert de nouveaux horizons. Gérer le recrutement sur neuf départements, définir les postes, sélectionner les candidats, accompagner leur intégration : autant de défis qui m’ont permis de placer l’humain au centre de mon action. Les partenariats avec les écoles et les agences de recrutement ont enrichi mon quotidien et renforcé la marque employeur de l’entreprise.
Quarante ans se sont écoulés, jalonnés de rencontres, de projets et de réussites collectives. Ce parcours m’a appris que la collaboration et la communication ouverte sont les clés d’un environnement professionnel dynamique et épanouissant.



3. Génération Y : regards croisés et nouveaux défis
C’est au fil de ces années, alors que je découvrais les multiples facettes du monde du travail, que j’ai vu émerger une nouvelle génération : la génération Y. Leur arrivée a bouleversé les codes, apportant avec elle de nouvelles valeurs, de nouvelles attentes, et une façon inédite d’envisager la vie professionnelle. Cette rencontre m’a poussé à repenser mes pratiques, à m’adapter, et à accompagner ce souffle nouveau qui allait transformer durablement le paysage du travail.
C’est au tournant des années 2000, alors que je venais d’embrasser de nouvelles responsabilités dans les ressources humaines, que j’ai vu arriver une vague de jeunes professionnels aux profils bien différents de ceux que j’avais connus jusque-là. Je me souviens de mes premiers entretiens avec ces candidats : leur aisance avec les outils numériques, leur curiosité, mais aussi leur façon de questionner le sens du travail et l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.
Au début, leurs attentes m’ont parfois déconcerté. Là où ma génération valorisait la stabilité et la progression linéaire, eux cherchaient avant tout à s’épanouir, à donner du sens à leurs missions, à trouver une entreprise en accord avec leurs valeurs. Je revois encore cette jeune recrue, fraîchement diplômée, qui m’a demandé dès l’entretien : « Quelles sont les actions concrètes de l’entreprise pour l’environnement ? » Une question qui, à l’époque, n’aurait jamais été posée par mes pairs.
Petit à petit, j’ai compris que la génération Y n’était pas seulement porteuse de nouvelles exigences, mais aussi d’un souffle d’innovation. Leur rapport à la hiérarchie, leur goût pour la collaboration, leur capacité à s’adapter à un monde en perpétuelle évolution ont transformé nos pratiques. J’ai dû apprendre à écouter autrement, à repenser les parcours d’intégration, à offrir plus de flexibilité et de reconnaissance.
Cette rencontre avec la génération Y a été, pour moi, une nouvelle aventure humaine. Elle m’a obligé à sortir de mes habitudes, à remettre en question mes certitudes, et à accompagner ces jeunes talents dans la construction d’un monde professionnel plus ouvert, plus éthique et plus inclusif.
De Booners à Z, chaque génération redéfinit son avenir : un tableau vivant des luttes et des espoirs.

4. Le vélo, une passion qui ne connaît pas l’âge
À 66 ans , le vélo est bien plus qu’un loisir : c’est une aventure renouvelée à chaque sortie, et un véritable allié pour la santé. Depuis plus de dix ans, je me fixe chaque année l’objectif de parcourir entre 4 000 et 6 000 kilomètres. Mais au-delà des chiffres, c’est la diversité des itinéraires et la découverte de nouveaux horizons qui me motivent.
Ce que j’aime par-dessus tout, c’est imaginer, préparer et réaliser des parcours uniques. Que ce soit pour une sortie de quelques heures ou pour une aventure de plusieurs jours, chaque itinéraire est pensé pour allier plaisir, défi et découverte. J’ai eu la chance de traverser les Pyrénées, de relier Bordeaux à Sète, de parcourir le tour du Périgord ou encore de relier Mauléon (79) à Mauléon Licharre (64). Chacun de ces parcours a été une expérience marquante, mêlant effort, émerveillement et rencontres.
Au sein des Cyclos de Venise Verte, je partage cette passion de la création de parcours. J’organise régulièrement des sorties pour le club, en veillant à proposer des itinéraires variés, adaptés à tous les niveaux, et à faire découvrir les plus beaux paysages de notre région. La préparation de ces parcours est un vrai plaisir : repérage, choix des routes, gestion des distances et des dénivelés… chaque détail compte pour garantir une expérience enrichissante à tous les participants.
Le vélo, c’est aussi le goût du défi. Je me lance régulièrement sur des longues distances, entre 150 et 200 km, pour repousser mes limites et vivre des aventures intenses. Ces défis sont autant d’occasions de progresser, de se dépasser et de savourer la satisfaction d’avoir mené à bien un projet personnel.
Mais le cyclisme, c’est aussi une source de bien-être physique et mental. Activité à faible impact, il préserve les articulations tout en renforçant le cœur et l’endurance. Pédaler régulièrement aide à maintenir une bonne condition physique, à améliorer la circulation sanguine et à réduire le stress. La concentration nécessaire pour suivre un parcours, combinée à la sensation de liberté sur les routes, procure un équilibre mental précieux et une véritable bouffée d’oxygène.
À travers la réalisation de ces parcours, je souhaite transmettre l’envie d’oser, de sortir des sentiers battus et de découvrir la richesse de notre territoire à vélo. Le cyclisme, c’est avant tout une invitation à l’exploration, au partage et à la convivialité. Tant que la passion et la santé seront là, je continuerai à tracer de nouveaux itinéraires et à pédaler vers de nouveaux horizons !




En résumé, ma vie ressemble à un grand tour cycliste… mais avec quelques détours par la salle de bal et le bureau ! Du violon de Pépé Jules aux réunions de la génération Y, en passant par les kilomètres avalés à vélo, j’ai appris qu’il vaut mieux garder le rythme, que ce soit sur les cordes ou sur les pédales. Si la passion est le moteur, l’humour est assurément la sonnette : il permet d’éviter les chutes et de franchir les bosses du quotidien avec le sourire. Finalement, « Entre cordes et guidon », c’est un peu comme une randonnée où l’on ne sait jamais vraiment si l’on va finir en haut du col… ou à jouer une valse pour les copains ! Tant que la route est belle et que la musique joue, je continue d’avancer, prêt à pédaler vers de nouveaux horizons, même si parfois, il faut changer de braquet… ou d’accord !